Bruxelles, 04/03/2009 (Agence Europe) - Les raccordements à l'Internet haut débit (large bande) dans l'Union européenne ont augmenté de 20% au cours de l'année dernière, pour atteindre 110,5 millions de connexions, a annoncé l'ECTA, l'association qui défend les intérêts des nouveaux opérateurs télécoms, dans son nouveau tableau de bord (« EU Broadband Scorecard »). Aujourd'hui, près de 22,5% de la population en Europe jouit d'une connexion à la large bande, se félicite l'ECTA. Selon le rapport, qui dresse l'état des lieux jusqu'en septembre 2008: 1) les taux de pénétration les plus élevés sont relevés au Danemark (37,5%) et aux Pays-Bas (36,3%), suivis par la Suède (31,0%), la Finlande (30,8%) et le Royaume-Uni (28,1%) ; 2) les plus faibles (juste au-dessus de 10%) ont été enregistrés en Pologne (10,1%), en Roumanie (10,2%), en Bulgarie (10,4%) et en Slovaquie (10,6%) ; 3) les plus fortes progressions ont été constatées en Grèce, à Chypre et à Malte. Plus particulièrement, la concurrence en matière de dégroupage de la boucle locale s'est fortement accrue en Grèce et à Chypre ; 4) la fibre optique s'est développée en moyenne de +0,3% en Europe. Certains pays ont toutefois un taux de pénétration significativement plus élevé par rapport à d'autres comme en Suède (5,6% de la population est reliée par des réseaux en fibre optique), en Estonie (4,9%) et en Lituanie (4,2%) ; 5) les opérateurs historiques détiennent en moyenne 45% à 50% du marché de détail de la large bande ; le marché le plus concurrentiel est celui relatif au dégroupage de la boucle locale (44% des lignes sont fournies par la concurrence), suivi par le marché du câble et les infrastructures parallèles (36%).
Si l'ECTA se félicite de la progression de la large bande en général, elle dénonce par ailleurs des situations très contrastées dans certains États membres où les anciens monopoles continuent de jouir de conditions privilégiées. En Espagne, plus particulièrement, le marché a stagné et se retrouve aujourd'hui en-dessous des moyennes de l'OCDE et de l'Union européenne, avec un taux de pénétration de la large bande de seulement 20%. Une situation qui découle directement d'une trop forte dominance de l'opérateur historique Telefónica qui continue de contrôler le marché de la large bande, avec une part de 57% des connexions des particuliers, estime l'ECTA. L'Espagne est un exemple flagrant d'un État membre qui a besoin d'une réglementation forte pour encourager les investissements et stimuler le développement des réseaux de nouvelle génération d'une part, et garantir la concurrence et un éventail de choix pour les consommateurs, poursuit l'association. « Une réglementation légère n'a pas marché dans le secteur bancaire et il n'y a aucune raison de croire que cela tournerait à l'avantage des consommateurs dans les télécoms », explique le président de l'ECTA, Innocenzo Genna, pour qui les opérateurs historiques tels que Telefónica « ont pour objectif prioritaire d'augmenter leurs profits ». La surveillance exercée par l'autorité réglementaire espagnole CMT vis-à-vis de Telefónica est trop souple et l'opérateur historique en profite pour consolider sa position, dénoncent les nouveaux opérateurs. Le CMT avait en effet décidé de ne pas contraindre Telefónica d'ouvrir ses réseaux de fibre optique aux opérateurs alternatifs pour des débits n'allant que jusqu'à 30 Mégabytes par seconde. Une décision qui avait attiré les suspicions de la Commission européenne fin de l'année dernière, et la CMT est depuis invitée à revoir sa copie. « Nous n'avons par de problèmes avec les entreprises qui visent la profitabilité (…) Mais nous avons un problème avec les sociétés rentables qui utilisent la récession comme excuse pour faire du chantage auprès des décideurs politiques afin qu'ils relâchent la pression en matière de réglementation, dans l'objectif de renforcer davantage leur position dominante au détriment des concurrents et des consommateurs », souligne Innocenzo Genna. La situation est très différente dans les pays scandinaves et aux Pays-Bas, se réjouit par contre l'ECTA. Dans la plupart de ces pays, les opérateurs historiques se sont engagés à ouvrir leurs infrastructures, ce qui n'est pas le cas en Espagne et en Allemagne, conclut l'association. (I.L.)