Bruxelles, 04/03/2009 (Agence Europe) - Dans un discours prononcé devant le Lowy Institute, groupe de réflexion établi à Sydney, le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, a à nouveau appelé, lundi 2 mars, les gouvernements de la planète à ne pas céder aux tentations protectionnistes. Avec la contraction du commerce, conséquente à la crise économique mondiale, qui pourrait atteindre 3% en 2009, « une proportion énorme des emplois domestiques qui dépendent du commerce et des activités d'exportation - près de 12 millions d'emplois aux États-Unis, 6,2 millions en France et 100 millions en Chine - risque de disparaître. Il est important d'y réfléchir lorsque nous concevons des réponses à la crise, et alors que nous entendons parler de 'protéger les emplois domestiques' », a estimé M. Lamy, avant de poursuivre: « Est-il crédible d'imaginer qu'un pays peut protéger son marché intérieur sans que d'autres fassent de même ? L'effet domino que de tels mouvements pourraient causer serait dévastateur. C'est pourquoi l'isolationnisme, même l'isolationnisme « intelligent » que certains préconisent, serait la recette d'une récession mondiale. Et c'est pourquoi résister au protectionnisme, et ainsi éviter d'aggraver la crise, est un impératif. La réalité est que les mesures protectionnistes prises individuellement ne sont pas susceptibles d'aider dans les efforts de relance. Au contraire, il est nécessaire de coordonner les plans de relance, coopérer en réponse aux défis globaux et penser à utiliser les instruments les moins nocifs de la politique commerciale ». À cet égard, M. Lamy promeut le mécanisme de contrôle par l'OMC des politiques commerciales de ses pays membres, qui leur offre un forum de dialogue sur la manière d'utiliser au mieux les politiques commerciales pour soutenir la relance (EUROPE n° 9837), avant d'exhorter une fois encore les pays membres à conclure le round de Doha. (E.H.)