Bruxelles, 03/03/2009 (Agence Europe) - Des membres du Parlement belge sont partis au Pays Basque lors d'une mission informelle du 8 au 12 février. L'objet de cette visite n'était pas politique mais consistait plutôt à témoigner de la situation difficile vécue par les victimes actuelles ou potentielles de l'ETA. De fortes atteintes aux libertés fondamentales ont choqué les députés. Les libertés d'expression et d'association sont interdites aux élus, journalistes et professeurs d'université, entre autres. Ceux-ci sont obligés d'engager des gardes du corps qui restent à leur côté jour et nuit, de vivre en dehors de la ville et de subir une peur perpétuelle pour leur vie et celle de leur famille.
Christine Defraigne, député au parlement wallon et au parlement de la Communauté française, demande: « Que fait l'Europe et le Conseil de l'Europe » face à cette situation ? Jean Cornil, député fédéral du parti socialiste belge, souligne une grande « méconnaissance de la situation ».
Georges Dallemagne, député fédéral belge, raconte que les élus rencontrés sur place leur ont demandé de bien comprendre ce qu'est l'ETA. Certains européens, surtout d'autres nationalistes, considèrent l'ETA comme des gens qui se battent contre les restes du franquisme ou pour l'autonomie, alors que ce sont des « assassins et des terroristes », explique M. Dallemagne. Le reste des Européens ne connaissent pas la nature grave de la situation.
À l'issue de leur visite, les parlementaires belges ont convenu de la nécessité de témoigner de la violence et des conditions déplorables en matière de respect des droits de l'Homme, ainsi que de créer une association pour aider les victimes qui ne sont pas toutes reconnues comme telles à l'heure actuelle. (E.M.)