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Bulletin Quotidien Europe N° 9853
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/Économie

La réponse européenne à la crise reste insuffisante, selon le PSE

Bruxelles, 03/03/2009 (Agence Europe) - Lors d'une conférence organisée, mardi 3 mars à Bruxelles par le PSE, plusieurs personnalités socialistes ont plaidé pour une réponse européenne plus importante et mieux coordonnée face à la crise. La réflexion actuelle doit aboutir à des changements fondamentaux et durables, qu'une approche sociale-démocrate semble être la seule capable d'initier, ont estimé les participants, bien décidés à affirmer leurs idées en vue des prochaines élections européennes.

Soulignant « les contradictions de fond de la mondialisation ultralibérale qui a dominé notre économie », Massimo D'Alema dénonce le « déficit dramatique de démocratie » du système financier mondial et « le déficit de justice sociale qui s'est accru depuis plusieurs années » dans nos sociétés. Cette crise, qui exige l'intervention publique, « doit être comprise comme l'occasion à saisir pour imposer un changement profond », plaide l'ancien Premier ministre italien et président de la Fondation Italianieuropei. Mais « il ne me semble pas que la réponse de l'Europe s'appuie sur des décisions courageuses » et suffisantes, juge-t-il, considérant que la réponse la plus socialiste semble venir de l'administration démocrate américaine. Côté européen, les initiatives sont plutôt « confuses » et « inadaptées », illustrant, selon lui, la « faiblesse des institutions européennes ». La Commission en est « réduite à avaliser ex post les décisions des gouvernements nationaux » des États membres, qui multiplient quant à eux les sommets informels. Cette « tendance s'avère désastreuse », explique-t-il, en appelant à une meilleure coordination avec des objectifs clairs. « Seule une forte impulsion européenne peut éviter le danger d'un repli nationaliste » et il faut « renforcer nos institutions communes et relancer nos valeurs sans attendre ». Ce serait une erreur grave de privilégier une stratégie en deux temps: affronter aujourd'hui la crise chacun pour soi et reprendre demain l'intégration européenne.

Chiffres à l'appui, Poul Nyrup Rasmussen explique qu'il nous faut adapter notre réponse à l'ampleur de la crise. « Ce que nous avons fait ne suffit pas », a martelé l'ancien Premier ministre danois, fustigeant lui aussi le manque de coordination. Il faut une nouvelle stratégie d'investissement renforcée à la hauteur des problèmes pour la croissance. Alors que la Commission prévoit un recul du PIB de l'ordre de 2% cette année, M. Rasmussen estime qu'il sera « bien pire », autour de -3%, voire de -4%. Lors d'une autre conférence organisée le même jour, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Joaquín Almunia, a admis que les risques de voir les prévisions actuelles se dégrader encore un peu plus avaient augmenté. Pour M. Rasmussen, il faut de nouveaux paquets de relance de 1,5% pour 2009 et autant pour 2010 afin de limiter l'explosion des chiffres du chômage.

Au-delà de ses effets dévastateurs, la crise actuelle est d'une clarté intellectuelle étonnante. Elle s'analyse comme « la victoire intellectuelle prodigieuse de la social-démocratie », estime ainsi Michel Rocard, qui déplore la fragilisation du travail au profit du capital. Fustigeant les excès du capitalisme casino, caractérisés par la réalisation d'improbables retours sur investissement, M. Rocard s'inquiète aussi de la dilution des risques et appelle à réfléchir à la suppression des produits dérivés complètement déconnectés de la réalité. Selon l'ancien Premier ministre français, la réflexion devrait aboutir à réorienter l'idée d'épanouissement vers la qualité de vie, la culture, la santé et non vers l'argent.

Professeur de politiques économiques européennes à l'Université libre de Bruxelles et initiatrice de la Stratégie de Lisbonne, Maria João Rodrigues estime que l'Europe peut être plus efficace, mais il faut: une meilleure coordination de la zone euro (et un calendrier précis pour l'adhésion de ceux qui n'en font pas encore partie), des paquets de relance « plus puissants », de nouveaux instruments (comme les obligations européennes - eurobonds), une politique industrielle plus forte, une politique régionale plus efficace et des politiques sociales renforcées (« nous n'en sommes qu'aux prémices des retombées sociales de la crise, le pire est encore devant nous, je le crains »). Et de s'interroger sur l'opportunité de créer un cadre européen pour contrôler les licenciements en cette période difficile. (A.B.)

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