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Bulletin Quotidien Europe N° 9836
Sommaire Publication complète Par article 36 / 38
INTERPENETRATION ECONOMIQUE / (eu) Économie

100 entreprises issues des pays émergents sont sur le point de rejoindre les rangs de l'élite des multinationales. - Selon une étude du groupe de consultance BCG (Boston Consulting Group), 100 entreprises issues des pays émergents seraient sur le point de rejoindre les rangs de l'élite des multinationales. L'édition de référence du Boston Consulting Group « The 2009 BCG 100 New Global Challengers » qui vient de sortir présente ces 100 entreprises en passe de transformer le paysage concurrentiel mondial par leur expansion rapide et leurs performances remarquables. La sélection est fondée sur une analyse approfondie de plus de 3 000 entreprises des pays émergents sur base de critères quantitatifs et qualitatifs tels que la taille des entreprises et la prise en compte des données financières des trois dernières années. Examinant les raisons du succès de ces nouveaux challengers et leur capacité à s'adapter aux contraintes qui s'intensifient dans un contexte de crise économique et mondiale, BCG note que si 2008 s'est révélée une année difficile pour la croissance jusqu'ici vertigineuse de certains, le mouvement quoique ralenti persiste comme en témoigne les 19 nouveaux challengers qui intègrent le classement et semblent posséder tous les atouts pour croître rapidement et défier les multinationales occidentales. L'étude constate que: 1) les 100 entreprises rattrapent rapidement ou ont déjà dépassé leurs rivales aux États-Unis, en Europe ou au Japon ; 2) le chiffre cumulé des 100 challengers s'élève à 1,5 billion de dollars en 2007. Par ailleurs, les 100 challengers ont réalisé au total 88 fusions-acquisitions internationales en 2007 ; 3) les pays d'origine sont de plus en plus nombreux mais le classement reste dominé par la Chine, avec 36 entreprises, suivie par l'Inde (20 entreprises), le Brésil (14), le Mexique (7) et la Russie (6). Parmi les 19 nouvelles entreprises de la liste, 5 sont issues des pays du Golfe Persique, nouvelle région qui entre dans le classement ; 4) la diversité est également présente en termes de répartition sectorielle. Le secteur des matières premières et de la métallurgie est le mieux représenté avec 20 entreprises. La liste inclut également un nombre significatif de représentants de l'industrie agro-alimentaire (13) et de constructeurs et équipementiers automobiles (10) ; 5) au-delà de quelques entreprises mondialement connues comme Lenovo (Chine) ou Tata (Inde), la liste contient aussi des noms moins célèbres comme Agility (Koweït), l'un des 10 premiers prestataires de services logistiques mondiaux actuels, ou Dalian Machine Tool Group, le plus grand fabricant chinois de machines-outils. Selon David Michael de BCG, qui remarque non seulement l'ampleur mais aussi la rapidité de la réussite de ces challengers, « les entreprises occidentales qui feront les bons choix aujourd'hui verront les challengers devenir des clients, des fournisseurs et même des partenaires stratégiques. Les autres risquent de les voir devenir leurs principaux concurrents ». Il remarque trois atouts que se partagent les challengers au départ: 1) un avantage concurrentiel à la base, que ce soit un accès privilégié aux matières premières, une main-d'œuvre bon marché ou l'absence de lourdeurs administratives ; 2) l'ambition de devenir des leaders mondiaux (goût du risque, coût du capital perçu comme faible ou bonne protection contre les OPA hostiles) ; 3) une stratégie de croissance exogène rapide, au travers des partenariats relatifs aux technologies ou à la distribution, ou par le biais de fusions-acquisitions internationales. Affichant d'excellentes performances de 2005 à 2007 (croissance du chiffre d'affaires de 29% en moyenne par an), les nouveaux challengers ont vu le cours de leurs actions affecté en 2008 mais ils réagissent mieux que leurs consœurs occidentales: diversification géographique, optimisation de leur chaîne d'approvisionnement, amélioration de leur productivité, répercussion de la hausse des coûts sur leurs prix, demande de soutien aux gouvernements. En conclusion, pour résister à la pression des challengers et tirer le meilleur parti de la crise, BCG recommande aux multinationales occidentales de rester vigilantes face aux bouleversements concurrentiels de leur secteur, de protéger leurs activités en capitalisant sur leurs atouts comme l'innovation et le branding, d'exploiter au mieux les opportunités offertes par les pays émergents pour améliorer leur structure de coûts, et d'adapter leur business model à leur présence dans ces pays. (I.L.)

 

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