Bruxelles, 09/02/2009 (Agence Europe) - S'exprimant au nom de la Présidence du Conseil, le Premier ministre tchèque Mirek Topolánek a dénoncé, vendredi 6 février, le protectionnisme latent de son homologue français Nicolas Sarkozy dans ses propos sur la relocalisation des constructeurs automobiles français. « Les tentatives d'utiliser la crise financière pour introduire des formes de protectionnisme risquent de ralentir et de mettre en péril la relance de l'économie européenne et la confiance des consommateurs et des investisseurs. Le président français souhaite protéger les intérêts de son pays, et moi en tant que Premier ministre tchèque et président du Conseil européen, je défendrai le principe des « mêmes règles pour tous » et mettrai en œuvre ainsi l'une des valeurs ajoutées de notre appartenance au marché intérieur commun », commente M. Topolánek dans un communiqué. « Je ne comprends pas l'argument selon lequel il n'est pas justifiable que les constructeurs automobiles français produisent en République tchèque les véhicules destinés au marché français. De mon point de vue, il s'agit là d'une décision tout à fait légitime et indépendante de ces sociétés et de la mise en œuvre de l'un des principes du marché commun européen. Le maintien de cet état est non seulement dans l'intérêt de la République tchèque mais il est aussi une condition sine qua non de la cohésion entre tous les pays membres », conclut-il. M. Sarkozy avait plaidé, lors d'une intervention télévisée la veille, pour « qu'on arrête les délocalisations et que si possible on relocalise ». « Si on donne de l'argent aux industries automobiles pour se restructurer, ce n'est pas pour apprendre qu'une nouvelle usine va partir en Tchéquie ou ailleurs », avait-il ajouté, dans des propos qui ont suscité l'indignation aussi bien en République tchèque, où le ministre de l'Industrie, Martin Riman, a averti du risque que « le protectionnisme massif instauré par de grands États [contribue] à l'approfondissement et à la prolongation de la crise », qu'en Slovaquie, où le ministre de l'Économie, Lubomir Jahnatek, a accusé la France d'être « très contre-productive ». (E.H.)