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Bulletin Quotidien Europe N° 9834
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/bce

Les taux restent inchangés mais une baisse en mars n'est pas exclue

Bruxelles, 05/02/2009 (Agence Europe) - Après la baisse historique du mois dernier (EUROPE n° 9819), la Banque centrale européenne (BCE) a décidé, jeudi 5 février, de maintenir les taux directeurs de la zone euro à leurs niveaux respectifs. Le taux de soumission minimal appliqué aux opérations principales de refinancement (déterminant pour le niveau du crédit pour les entreprises et les particuliers) reste donc à 2% et les taux d'intérêt de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt à respectivement 3% et 1%.

Ce statu quo était attendu, les acteurs du marché tablant plutôt sur une baisse en mars. Lors de sa prochaine réunion, le Conseil des gouverneurs disposera en effet de nouvelles projections des services de la BCE, et son président n'a pas cherché à démentir ces anticipations. « 2% n'est pas le niveau le plus bas que nous aurions décidé d'appliquer », a répondu Jean-Claude Trichet à la presse à l'issue de la réunion, confirmant la marge de manœuvre existant à l'avenir sans rien annoncer précisément. Il n'a notamment pas souhaité confirmer l'ampleur d'une baisse éventuelle des taux, laissant toutefois entendre qu'il penchait plutôt pour une diminution de 25 points de base à ce stade. En revanche, une tendance drastique visant à ramener les taux vers 0% n'est pas d'actualité. « Les taux zéro au moment où je vous parle ne me paraissent pas appropriés », a confirmé M. Trichet, qui n'exclut pas de recourir à d'autre mesures non conventionnelles. En fournissant des liquidités illimitées sur des périodes d'une semaine à six mois et en étant généreuses au niveau des collatéraux acceptés pour ses prêts, les actions de la BCE peuvent déjà être considérées comme atypiques. « Nous pourrions continuer dans cette voie des mesures atypiques, sans pour autant aller au taux zéro », a-t-il simplement indiqué.

Compte tenu du fort ralentissement de l'économie mondiale, les pressions inflationnistes extérieures et intérieures diminuent dans la zone euro, avait confirmé M. Trichet dans son discours introductif. Selon lui, « la demande extérieure pour les exportations de la zone euro a baissé, et les facteurs internes, notamment la très basse confiance et les conditions de financement serrées, ont affecté négativement la demande intérieure ». Dès lors, la faiblesse de l'activité économique de la zone euro devrait donc persister au cours des « trimestres à venir ». Si quelques signes de stabilisation apparaissent dans certaines enquêtes, toujours à des niveaux historiquement bas, ces indications doivent néanmoins encore être confirmées plus largement, indique le président de la BCE. Dans un contexte toujours exceptionnellement incertain, les risques demeurent aussi bien pour la croissance que pour l'inflation. Sous l'effet de la baisse substantielle des prix des matières premières depuis mi-2008, le niveau des prix a continué de décliner en janvier à 1,1%, contre 1,6% en décembre 2008. Compte tenu des effets de base, le taux d'inflation devrait rester sur cette trajectoire dans les prochains mois, pour vraisemblablement atteindre « des niveaux très bas au milieu de l'année ». Au-delà, la hausse des prix devrait en revanche s'accentuer à nouveau. Mais ce qui importe pour la BCE est la perspective à moyen terme et pour cet horizon, elle anticipe une évolution conforme à son objectif de stabilité des prix (proche mais inférieur à 2%). (A.B.)

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