Bruxelles, 05/02/2009 (Agence Europe) - Comme annoncé (EUROPE n° 9833), la Commission européenne a adopté, jeudi 5 février, un plan d'action européen pour la conservation et la gestion des requins. En le présentant, Joe Borg, le commissaire européen à la Pêche et aux Affaires maritimes, a dit à la presse qu'il lui semblait que « la volonté politique est là » au sein des États membres de l'UE pour protéger davantage les espèces de requins les plus en danger. Il espère que les ministres européens de la Pêche adopteront avant la fin de l'année des conclusions sur ce plan d'action. Les propositions législatives suivront et l'objectif, pour la Commission, est d'avoir une nouvelle législation en place sur la protection des sélaciens (requins, raies et chimères) d'ici 2012 ou 2013, au même moment que les décisions sur la réforme de la politique commune de la pêche (PCP).
Dans un communiqué, Shark Alliance, une coalition de plus de 60 organisations écologiques, scientifiques et de loisirs marins, se félicite de la publication du plan d'action. Celui-ci pourrait conduire à des « améliorations considérables des politiques européennes sur la pêche et la protection des requins ». Shark Alliance met en avant les mesures visant à « améliorer l'information sur les pêcheries de requins, mettre fin à la surpêche, porter toute l'attention nécessaire aux espèces menacées et supprimer les lacunes juridiques de l'interdiction européenne du finning » (pratique consistant à prélever les ailerons d'un requin et à rejeter sa carcasse à la mer). En outre, le plan comprend des actions au niveau national, européen et international. Toutefois, le plan d'action ne va pas assez loin, selon Shark Alliance, dans l'amélioration du règlement sur l'interdiction du finning. L'association demande que les requins soient débarqués avec les ailerons naturellement attachés et qu'il n'y ait plus de dérogations à cette règle. Des dérogations dont bénéficie l'Espagne, qui fournit 95% des exportations européennes d'ailerons.
Selon le WWF, le plan d'action européen sur les requins « manque de mordant ». Il se félicite des initiatives prévues pour installer des observateurs à bord de navires, réduire les prises accessoires ou encore fixer des limites de captures en cohérence avec les avis scientifiques. Mais ce plan doit être mis en œuvre rapidement et il faut renforcer certaines des actions, comme l'enregistrement obligatoire des données sur les captures.
« Un grand plan mais peu d'actions pour la protection des requins », ironise l'association de protection des océans, Oceana. Ce plan ne serait pas aussi ambitieux que prévu. Ricardo Aguilar, d'Oceana Europe, estime que ce document « ne contient pas les mesures requises pour réaliser l'objectif de la conservation et de la gestion durable des requins ». Parmi les oublis du texte, il cite l'engagement de respecter l'approche de précaution et l'intégration des mesures du plan d'action aux dispositions environnementales qui visent à protéger les requins en danger et leurs habitats. (L.C.)