login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9833
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) pe/guantanamo

Le PE appelle les États membres à accepter des détenus

Bruxelles, 04/02/2009 (Agence Europe) - (Agence Europe) - Les députés européens ont lancé, mercredi 4 février, un appel timide en direction des capitales européennes pour qu'elles accueillent des prisonniers de Guantanamo. Une délégation de représentants de l'UE comprenant le commissaire européen Jacques Barrot, le ministre tchèque de l'Intérieur, Ivan Langer et le coordinateur de l'UE contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, se rendra les 16 et 17 mars à Washington pour s'enquérir des souhaits de la nouvelle administration américaine.

Dans une résolution commune, adoptée à Strasbourg par 542 voix pour, 55 contre et 51 abstentions, le Parlement européen se félicite de la décision du président des Etats-Unis, Barack Obama, de fermer la prison de Guantanamo, mais rappelle que cette fermeture, ainsi que le devenir des prisonniers incombent principalement aux États-Unis. Les députés ont surtout appelé les États membres à « coopérer pour trouver des solutions et être prêts à accepter des prisonniers de Guantanamo dans l'UE », si Washington le demande. Les États membres ont aussi le devoir de se consulter entre eux sur les possibles répercussions en termes de sécurité publique à travers l'Union, ont-ils ajouté. Ces derniers ont affirmé que la responsabilité du respect du droit international et des droits fondamentaux repose sur l'ensemble des pays démocratiques, notamment l'UE et ses États membres, qui incarnent une communauté de valeurs. Ils appellent en outre les États-Unis à s'assurer que les droits de l'Homme et les libertés fondamentales des détenus sont garantis. Concernant la situation des individus emprisonnés, les députés ont estimé que ceux contre qui les États-Unis avaient suffisamment de preuves devaient être poursuivis le plus rapidement possible dans le cadre d'un procès équitable et public, par un tribunal compétent, indépendant et impartial. Dans les cas où certains seraient reconnus coupables, ils devraient être emprisonnés aux États-Unis, jugent les députés. « Tout détenu qui n'est pas accusé mais qui ne peut être rapatrié car il risque réellement d'être torturé ou persécuté dans son pays d'origine doit avoir la possibilité de rester aux États-Unis, de bénéficier d'une protection humanitaire sur le continent américain et d'obtenir réparation », souligne la résolution. Quant à ceux qui sont innocents et qui veulent retourner volontairement dans leur pays d'origine, ils devraient pouvoir le faire le plus rapidement possible, indique la résolution.

Dans le droit fil des attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis ont établi en janvier 2002 un centre de détention de haute sécurité à Guantanamo où des personnes suspectées de terrorisme ont été détenues. Ces prisonniers ont été privés de leurs droits fondamentaux, notamment le droit à la tenue d'un procès équitable, et ont été sujets à des techniques d'interrogation particulièrement brutales, comme la simulation de noyade, assimilée à une acte de torture, et à d'autres traitements cruels, inhumains ou dégradants. Au cours des sept dernières années, environ 800 individus ont été détenus. Il reste actuellement 242 prisonniers à Guantanamo et une soixantaine d'entre eux devront être pris en charge après leur libération. Parmi ces derniers, 17 sont des prisonniers Chinois musulmans de la minorité ouïgoure. Les autres viennent d'Afghanistan (1), Algérie (10), Azerbaïdjan (1), Égypte (1), Éthiopie (1), Libye (6), Palestine (3), Russie (1), Syrie (9), Tadjikistan (1), Tunisie (10) et Ouzbékistan (4). (B.C.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES