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Bulletin Quotidien Europe N° 9833
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/automobile

La rÉponse À la crise doit Être coordonnÉe

Strasbourg, 04/02/2009 (Agence Europe) - L'industrie automobile connaît, dans la foulée de la crise financière, d'importantes difficultés, mais « elle n'est pas au seuil du précipice, elle est et peut être encore performante ». C'est le message de Günter Verheugen, qui a présenté au Parlement européen la communication de la Commission européenne sur la situation dans ce secteur. Le président du Conseil, Alexandr Vondra, avait affirmé avant lui que: les voitures européennes restent les meilleures, les plus efficaces et les plus sûres. Mais ce secteur a été durement frappé par la crise financière mondiale, et, malgré les efforts pour stimuler la demande, celle-ci est tombée de 8% en 2008. La tendance ne sera sûrement pas renversée en 2009 et un soutien public s'impose. M. Vondra souligne qu'il faudra coordonner et cibler cette aide (innovation) et éviter la course aux subventions et les distorsions de marché. Le Conseil soutient la Commission en ce qui concerne la mise en place rapide du plan de relance. Une des questions à examiner est celle des prêts (comment les faciliter sans nuire à la concurrence), une autre celle de la protection de l'environnement (aide aux voitures « propres »). Certains instruments sont disponibles immédiatement, notamment l'aide à la casse pour les vieilles voitures, que certains États utilisent déjà. Le Conseil aimerait avoir des propositions de la Commission sur ce point avant le Conseil Compétitivité du printemps.

La crise, pour le Commissaire Verheugen, est la manifestation d'un manque de confiance dans l'économie: les consommateurs se comportent comme les entreprises, et « gardent leur argent ». Mais les chiffres montrent l'importance de ce secteur: 6% des emplois de l'UE, numéro un pour les exportations, 4% destinés à la recherche et au développement, contre 2% dans les autres industries. Mais la production a fortement baissé et la situation est encore plus dramatique en ce qui concerne les poids lourds, a précisé le Commissaire, avec une surcapacité évidente (20% ou plus, ce qui représente une menace pour 400 000 emplois) . Il n'est pas exclu que d'ici la fin de l'année certains producteurs européens ne soient plus sur le marché: ils « peuvent rester dans la course » si leur productivité augmente, mais ceci peut pas avoir des effets négatifs sur l'emploi… L'objectif de la Commission reste cependant de maintenir en vie tous les producteurs européens: elle essaye d'y contribuer avec les crédits de la BEI (9 milliards) mais elle pourrait difficilement faire plus. La Commission veille également à ce que les mesures d'aide ne nuisent pas à la concurrence, par exemple dans le cas de filiales européennes d'entreprises américaines, qui ne peuvent bénéficier d'une aide que si cela sert à maintenir des emplois en Europe. Quant aux primes à la mise à la casse (qui ont eu de bons effets dans les pays qui les ont décidées), elles pourraient être liées à des objectifs « verts ». Nous allons voir ce que le président Obama va décider pour l'industrie automobile, a conclu M. Verheugen, mais il est clair en tous les cas que l'Europe n'a aucun intérêt dans la débâcle de l'industrie automobile américaine.

Les propositions qui sont faites ne sont pas à la hauteur de l'enjeu, et pourraient inciter les pays membres à faire cavalier seul, selon le Français Jean-Paul Gauzès, pour le groupe PPE/DE. Une réponse coordonnée est indispensable et urgente face aux mesures déjà prises par certains États, affirme M. Gauzès: il ne s'agit pas seulement de limiter l'impact de la crise mais de relancer véritablement ce secteur, en développant une « culture d'anticipation ». Pour le groupe socialiste, l'Italien Guido Sacconi constate que 2 millions d'emplois (surtout dans l'assemblage et la sous-traitance) pourraient être perdus dans l'industrie automobile: le plan de relance de la Commission est donc une bonne chose, mais il faudra, à son avis, intervenir sur la demande, par une véritable « action anticyclique ». Et les pays membres font ce qu'ils veulent…. L'effondrement des immatriculations, se lamente à son tour l'Italienne Patrizia Toia, pour le groupe ALDE, va actuellement de 20% à 33% selon les pays, il est donc impératif de soutenir la demande et faciliter les crédits. Il faudrait agir même au-delà du plan de relance, car l'avenir des producteurs européens est un « destin commun » face à la concurrence mondiale. Il ne faut pas tout simplement sauver des emplois, mais maintenir la compétitivité du secteur automobile, selon le Letton Guntars Krasts (UEN), alors que l'Allemande Rebecca Harms (Verts/ALE) soutient que la crise ne sera résolue que si l'on aborde en même temps les problèmes d'environnement et de durabilité. Il faut faire des voitures plus petites, plus efficaces, plus propres, en se mettant d'accord à 27 sur la politique de l'énergie et des transports. Pour le groupe GUE/gauche nordique, l'Italien Roberto Musacchio souligne l'aspect social de cette crise, qui frappe les travailleurs les plus âgés et les moins qualifiés, alors que le Français Patrick Louis (Ind.dém) croit que, face à la délocalisation et au dumping social la solution se trouve dans le rétablissement de droits compensateurs aux frontières.

« Il serait bon que la Commission européenne présente un plan européen » visant à coordonner les mesures nationales d'aide au secteur automobile, a déclaré le vice-Premier ministre tchèque Alexandr Vondra mercredi 4 février à Strasbourg devant la presse. Les primes nationales à la casse visant à soutenir le marché automobile, que certains États membres (Espagne, France, Roumanie…) ont déjà prises, comporteraient le risque de créer des distorsions de concurrence au sein du marché intérieur. « La Commission, qui est la gardienne des règles du jeu, doit à tout prix faire des propositions », a souligné le ministre. Il a insisté sur la gravité de la situation: la production a chuté de « 8% » en 2008 et « les perspectives de 2009 sont pires ». Et d'annoncer la création d'un groupe de travail sur l'industrie automobile composé de décideurs politiques et de représentants de l'industrie et qui sera présidé par le ministre tchèque de l'Industrie et du commerce, Martin Øíman. (M.B./L.G.)

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