Strasbourg, 04/02/2009 (Agence Europe) - « Nous, les Arabes, voulons proposer maintenant une initiative de paix arabe, qui est en fait devenue une initiative de paix islamique ». C'est le message que le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a transmis mercredi 4 février au Parlement européen.
Et de préciser l'offre du monde islamique: « Les territoires contre la paix », puisque, si Israël cesse totalement son occupation, cinquante-sept pays islamiques seront prêts à normaliser leurs relations avec l'État hébreu. « C'est une occasion historique », a affirmé Mahmoud Abbas, en ajoutant qu'il ne s'agit pas de choisir l'une ou l'autre partie de cette proposition, mais de l'accepter dans sa totalité, car c'est la « dernière proposition sérieuse pour une paix juste et durable ». L'occupation israélienne est au cœur du conflit, sa cessation est donc la clé de la solution. Mahmoud Abbas fait également appel à la communauté internationale, en lui demandant si le moment n'est pas venu d'« engager sa responsabilité morale et politique en accordant au peuple palestinien une protection internationale ». La communauté internationale doit « contraindre Israël à mettre fin à sa politique destructrice » et à « respecter le statut juridique et sécuritaire de l'Autorité palestinienne ». Elle doit aussi, ajoute Mahmoud Abbas, « cesser de traiter Israël comme un État au-dessus du droit international » et l'inviter à respecter les accords sur la circulation, couvrant tous les points de passage et le couloir sécuritaire entre la Cisjordanie et Gaza, pour confirmer l'unité territoriale et économique palestinienne.
De leur côté, les Palestiniens doivent œuvrer en faveur de la réconciliation nationale, qui est pour Mahmoud Abbas un objectif prioritaire. Il faut s'opposer à toutes les forces qui soutiennent la sécession pour aboutir à un gouvernement d'unité nationale, qui aura alors pour tâches de contrôler les points de passage, d'assurer la reconstruction et la stabilité, de préparer les élections législatives et présidentielles. « Nous serions heureux si vous pouviez nous aider à organiser à contrôler ces élections, comme en 1997 et en 2007 », a déclaré le président de l'Autorité palestinienne.
Auparavant, Mahmoud Abbas avait relaté la triste chronique des morts et de la destruction après les derniers raids israéliens, qui, selon lui, ont compromis tous les efforts de l'Autorité palestinienne depuis plus de quinze ans, efforts entrepris aussi avec l'aide de l'Europe et d'autres pays amis. Et il avait demandé qu'Israël libère les 1100 Palestiniens détenus dans ses prisons.
Hans-Gert Pöttering a assuré tout le soutien du Parlement au peuple palestinien, mais aussi au peuple israélien, qui a le droit de vivre en sécurité. Ce rêve de paix peut et doit devenir une réalité, dans cette génération encore, selon le président du Parlement européen. (L.G)