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Bulletin Quotidien Europe N° 9825
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Économie sociale

Les messages du président du CESE, Mario Sepi, pour faire face à la crise financière

Bruxelles, 23/01/2009 (Agence Europe) - Pour faire face à la crise financière, le président du Comité économique et social européen (CESE), Mario Sepi, a lancé, devant la presse à Bruxelles, trois messages: « On ne peut affronter la crise avec une idéologie préconçue. Nous devons viser des objectifs de progrès social mais la crise doit être affrontée avec pragmatisme. Les fondements de l'économie politique doivent être rediscutés: le problème à résoudre est avant tout celui concernant la question « comment crée-t-on la richesse ? Il faut partir du principe que la richesse se crée par le travail et non par l'accumulation d'argent virtuel ».

S'exprimant juste avant l'ouverture de la conférence organisée par le CESE en cette fin de semaine sur le thème « Rien ne va plus ? Comment reconstruire l'économie sociale de marché européenne ? » (EUROPE n° 9816), Mario Sepi a précisé la signification de l'expression « rien ne va plus ». Celle-ci « ne fait pas seulement référence à la spéculation des marchés financiers qui a conduit à un effondrement de l'économie mais également au fait que l'on assiste à la fin d'une phase. Les cartes sont redistribuées et les acteurs reviennent à la table de jeu, le jeu casino où les acteurs jouent à la roulette russe ». Il a ajouté: « Aborder un thème aussi important fait partie des attributions du CESE qui est d'appuyer les institutions dans la recherche de solutions socio-économiques ».

Le Comité poursuit deux objectifs, a noté le président: (1) réunir tous les interlocuteurs et partenaires - banquiers, financiers, industriels, syndicalistes, économistes et représentants des petites et moyennes entreprises - pour débattre des possibles solutions à cette crise au sein d'une plateforme représentée par le CESE ; (2) chercher les causes de cette crise et identifier les moyens de relancer un modèle économique et social. « On ne veut pas faire un procès aux marchés financiers mais trouver des pistes de dialogue et de résolution de la crise », a souligné Mario Sepi.

Analysant le contexte de la crise, Mario Sepi a indiqué qu'en plus des coûts financiers supportés par les gouvernements pour redresser les établissements bancaires, il faut évoquer les coûts en termes de valeur, c'est-à-dire la crise de confiance et les conséquences qu'elle entraîne en termes de tensions sociales et de ce que les sociologues américains appellent le capital social. « Ces coûts sont inestimables mais c'est sur ce terrain que se joue le rôle de la société civile: contribuer à trouver des solutions pour abattre ces coûts », a martelé le président du CESE pour qui le soutien apporté par les gouvernements à l'économie réelle « ne doit pas être inconditionnel mais doit être axé sur des investissements productifs et un développement qui tienne compte des critères qualitatifs ».

John Monks: pour un nouveau contrat économique et social

Prenant ensuite la parole, le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), John Monks, a déclaré: « Le grand risque actuellement, c'est justement que les banques ne prennent plus de risques ! Il faut les inviter à dégeler les prêts ». Pour John Monks, il faut un nouveau contrat économique et social « qui permette aux travailleurs de garder leur emploi sans tomber dans le court terme ». Nous voulons aussi, a poursuivi John Monks, « faire en sorte que les entreprises ne délocalisent pas, apporter une aide à l'emploi, garantir la formation des travailleurs, maintenir le pouvoir d'achat des gens, éviter la déflation, promouvoir la demande et motiver la consommation, étudier ensemble ce qui nous est propre et ce qui nous permet d'avancer en mettant l'accent sur la sécurité des travailleurs ».

Andrea Benassi: regrets quant à l'absence de dimension européenne des plans de relance

« D'accord avec les propos de John », le secrétaire général de l'Union européenne de l'artisanat et des petites et moyennes entreprises (Ueapme), Andrea Benassi, a formulé quelques remarques du point de vue de l'Ueapme. Ainsi, la crise a un impact réel sur les PME et les PMI « qui souffrent plus en avant de la crise. Nous allons souffrir de la crise du bâtiment, de la crise de l'industrie automobile (avec les services après vente), de la crise bancaire et dans une moindre mesure de la crise des caisses d'épargne ». En ce qui concerne l'économie réelle, Andrea Benassi a fait remarquer que « l'on a vu différents plans de sauvetage au niveau national mais on ne voit pas encore la dimension européenne de ces plans de sauvetage ».

Pervenche Bérès: on rentre dans un débat très politique

La présidente de la commission Économie/Finances du Parlement européen, Pervenche Berès, a déclaré tout de go: « La situation n'est pas très bonne. 2008, 2009 et 2010 seront des années très dures. Je pleure l'absence de coordination européenne en matière de plans de relance. Maintenant, on va rentrer dans un débat très politique en se demandant qui on aide et comment on aide ». (G.B.)

 

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