Bruxelles, 23/01/2009 (Agence Europe) - C'est un agenda plutôt léger mais politiquement important qui attend les ministres des Affaires étrangères pour le premier Conseil « Affaires générales/Relations extérieures » sous présidence tchèque ce lundi 26 janvier à Bruxelles. Il sera notamment question de sécurité énergétique, des relations avec l'Ukraine et la Russie, du Proche-Orient et de la fermeture de Guantanamo. Plusieurs réunions importantes sont prévues en marge du Conseil: un dîner informel des ministres du Commerce dimanche soir (25 janvier) ; - une réunion de la troïka de l'UE avec la Serbie lundi soir ; - une réunion de la troïka avec le Bélarus mardi matin (27 janvier). Voici un aperçu complet de l'ordre du jour du Conseil:
Priorités de la présidence de l'UE. La présentation des priorités par Karel Schwarzenberg et Alexandr Vondra sera suivie d'un débat public transmis sur le site du Conseil (http: //video.consilium.europa.eu/).
Proche-Orient. Les ministres discuteront de la situation à Gaza suite aux cessez-le-feu déclarés par Israël et le Hamas et à la lumière de la réunion du 21 janvier avec Tzipi Livni (EUROPE n° 9824) et du dîner qu'ils auront eu avec leurs homologues d'Égypte, de Jordanie, de Turquie et de l'Autorité palestinienne dimanche soir (25 janvier) à Bruxelles. Le Conseil adoptera lundi des conclusions (le projet de texte sera encore discuté au Coreper lundi matin) dans lesquelles l'UE devrait appeler au respect du cessez-le-feu, à la mise en place d'un mécanisme effectif pour empêcher que des armes et munitions soient acheminées vers la bande de Gaza et à la réouverture des points de passage. L'UE devrait aussi réitérer sa volonté d'apporter une aide économique et de contribuer à la réconciliation inter-palestinienne et à la relance du processus de paix.
Guantanamo. À la suite de l'annonce faite par le président Barack Obama de fermer d'ici un an le centre de détention de Guantanamo, le Conseil (à la demande du Portugal) aura un débat sur la manière dont les États membres pourraient éventuellement aider les États-Unis à régler ce problème (EUROPE n° 9824).
Russie/Ukraine. Au cours du déjeuner, les ministres débattront de l'avenir des relations bilatérales avec la Russie et l'Ukraine dans le contexte de la crise gazière des dernières semaines. Des négociations sont en cours avec les deux pays en vue d'un renforcement des relations contractuelles (un accord d'association avec l'Ukraine, un accord de partenariat renforcé avec la Russie). La question est de savoir si l'UE devrait tirer des conséquences politiques du comportement « complètement inacceptable » de Moscou et de Kiev vis-à-vis des pays européens dans l'affaire du gaz, et si oui lesquelles. La Présidence tchèque, appuyée par une très large majorité des États membres, est d'avis qu'il ne faut pas mélanger l'affaire du gaz (à laquelle l'UE doit réagir avec des mesures spécifiques en matière de sécurité énergétique) et les relations politiques à long terme avec ces deux pays importants. Les Vingt-sept devraient cependant bénéficier des prochaines réunions à haut niveau prévues au cours de ce premier semestre 2009 (troïkas ministérielles avec la Russie en février et avril, suivi du sommet en mai; troïka ministérielle avec l'Ukraine en février suivi d'un Conseil de coopération en juin) pour exprimer leur « désaccord » et leur « préoccupation » vis-à-vis de la manière dont se sont comportées la Russie et l'Ukraine, estime la présidence. Grand défenseur du « Partenariat oriental » (qui sera lancé le 7 mai lors d'un sommet à Prague) dans lequel l'Ukraine est censée jouer un rôle clé, la présidence tchèque veut éviter toute friction inutile avec Kiev. Idem pour la Russie qui reste un partenaire incontournable de l'UE. La Commission, tout en étant « déçue » par Moscou et Kiev, estime elle aussi qu'il est dans l'intérêt de l'UE de maintenir et de développer ses relations avec les deux pays (EUROPE n° 9822). Seuls les trois pays baltes (soutenus, semble-t-il, par l'Autriche) n'ont pas exclu cette semaine au Coreper la nécessité d'un débat approfondi au Conseil sur les conclusions politiques à tirer de l'affaire du gaz. La question pourrait être rediscutée au Coreper lundi matin, juste avant la réunion du Conseil.
Sécurité énergétique. À la lumière du conflit gazier russo-ukrainien, les ministres des Affaires étrangères débattront de la sécurité énergétique, priorité de la Présidence tchèque. Les discussions se concentreront sur l'accord passé le 18 janvier entre le gazier russe Gazprom et le gestionnaire de réseau de transport ukrainien Naftogaz et scellé le 19 par Kiev et Moscou, le suivi du Conseil Affaires étrangères informel du 8 janvier à Prague ainsi que le programme du Conseil européen des 19/20 mars qui examinera le Plan d'action sur la sécurité énergétique pour préparer le plan d'action 2010-2012 Énergie pour l'Europe.
Commerce. La Présidence tchèque sera l'hôte, en compagnie de la commissaire Catherine Ashton dimanche soir, d'un dîner informel des ministres du Commerce qui débattront de l'impact de la crise financière sur le commerce et du rôle de la politique commerciale pour l'atténuer. (H.B./E.H.)