Bruxelles, 21/11/2008 (Agence Europe) - L'UE a raison de défendre l'intégrité territoriale de la Géorgie, mais les divergences avec les Russes sur l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie ne doivent in fine pas empêcher la conclusion d'un nouvel accord de partenariat renforcé entre l'UE et la Russie, estime le négociateur en chef européen pour cet accord. Le différend sur l'indépendance des deux Républiques devrait d'ailleurs être traité dans le cadre des discussions internationales sur la sécurité en Géorgie lancées le 15 octobre à Genève et non pas dans les négociations sur l'accord de partenariat, a affirmé Eneko Landaburu dans un entretien avec EUROPE jeudi 20 novembre. Le directeur général de la Commission en charge des relations extérieures est toutefois conscient du fait que la problématique géorgienne ne pourra pas être entièrement évitée dans les pourparlers qui seront repris mardi 2 décembre (EUROPE n° 9783), car le nouvel accord UE/Russie prévoira aussi la création d'un « espace commun » en matière de sécurité extérieure dans le voisinage commun. Mais le sujet devrait être abordé « seulement de manière plus générale » quand il sera question de la « sécurité paneuropéenne », estime M. Landaburu. Si la Russie ne se retire pas de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie comme le réclame l'UE, n'y a-t-il pas le risque que les États membres les plus critiques vis-à-vis de Moscou (Lituanie, Lettonie, Estonie, Pologne, République tchèque, etc.) bloquent la conclusion du nouvel accord ? « La Russie a un intérêt à avoir de bonnes relations avec nous et nous avons un intérêt à avoir de bonnes relations avec la Russie », répond M. Landaburu qui rappelle que les pays membres les plus réticents ou carrément opposés (Lituanie) à la reprise des négociations sont justement ceux qui ont le plus grand intérêt à voir l'UE parler d'une seule voix et conclure avec Moscou un accord juridiquement contraignant. « Si ces États membres estiment que l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie sont trop importantes et s'ils sont prêts à payer le prix de la défense de leur position - à savoir l'arrêt des relations économiques et politiques avec la Russie - ils pourront évidemment le faire. A chacun de prendre ses responsabilités. Mais je qualifierais cela d'irresponsabilité politique », dit M. Landaburu.
Le négociateur en chef estime aussi que le Sommet de Nice, vendredi 14 novembre, a permis de clarifier la position russe sur le chapitre énergétique du futur accord. « Le président Medvedev a réaffirmé l'engagement de la Russie de trouver avec l'UE un accord clair sur les questions énergétique pour le futur. C'est important car, dans le passé, nous avions parfois l'impression que les Russes voulaient maintenir le status quo qui leur convient », dit-il. Le président russe aurait aussi « clairement dit que la Charte de l'Énergie, que les Russes ne ratifieront pas, ne prenait pas assez en compte les intérêts des pays producteurs et des pays de transit ». La Commission conclut qu'en dehors de ce problème, Moscou accepte les autres éléments de la Charte, « y compris les principes de réciprocité, de transparence et de non-discrimination », a dit M. Landaburu. (H.B.)