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Bulletin Quotidien Europe N° 9781
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/russie

Au sommet de Nice, Européens et Russes tenteront de coordonner leurs positions sur la crise financière et le sommet de Washington

Bruxelles, 12/11/2008 (Agence Europe) - La crise financière internationale et la préparation du sommet du G20 à Washington (15 novembre) ainsi que les tensions en Géorgie et dans le Caucase domineront le sommet UE/Russie qui se tiendra vendredi 14 novembre à Nice. La réunion de la délégation européenne dirigée par Nicolas Sarkozy, Javier Solana et José Manuel Barroso avec le président Dmitri Medvedev a d'ailleurs été légèrement raccourcie pour permettre aux dirigeants de partir à temps pour Washington.

Après un « bon sommet » en juin, les événements en Géorgie en août ont « sérieusement endommagé la confiance» entre Européens et Russes qui doivent maintenant retrouver un terrain d'entente pour relancer leurs relations, explique-t-on à la Commission. L'accord politique à 26 (sans la Lituanie) trouvé lundi au Conseil « Relations extérieures » sur la reprise des négociations sur le nouvel accord de partenariat (EUROPE n° 9779) est un bon point de départ car il permettra d'éviter que le sommet soit focalisé sur des « problèmes internes » de l'UE, se félicite-t-on encore. Voici les principaux sujets à l'ordre du jour de ce sommet qui - preuve des tensions actuelles - n'adoptera aucune déclaration commune:

Crise financière. L'UE demandera aux Russes de soutenir sa position sur la réforme de l'architecture financière internationale préparée par le Conseil européen du 7 novembre (EUROPE n° 9778). De plus en plus affectée par la crise financière, Moscou semble prête à soutenir l'orientation générale des propositions européennes. L'ambassadeur russe auprès de l'UE, Vladimir Chizov, a affirmé, mardi 11 novembre, devant la presse que Moscou était intéressée à coordonner sa position avec l'UE. « Dans leurs approches respectives, l'UE et la Russie ont plus en commun qu'avec d'autres pays. Nous avons un intérêt à coopérer », a-t-il dit.

Géorgie/Caucase. L'UE condamnera la violation par la Russie de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Géorgie et insistera sur le respect intégral des accords Sarkozy/Medvedev du 12 août et du 8 septembre. « L'UE n'accepte pas le status quo en Géorgie », en particulier les déclarations unilatérales d'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie reconnues par Moscou, « et nous dirons très clairement que l'intégrité territoriale de la Géorgie doit être rétablie », affirment des sources de la Commission. L'UE demandera aussi à la Russie de jouer un rôle constructif dans les discussions à Genève sur la sécurité dans le Caucase. De manière générale, l'UE mettra en garde la Russie contre une politique fondée sur des « zones d'influence » dans le voisinage commun. « Nous respectons que la Russie ait de l'influence comme nous en avons dans notre voisinage commun. Mais ces influences doivent être fondées sur le libre choix » des pays concernés, explique-t-on à la Commission.

Accord de partenariat. Le sommet prendra note de la reprise prochaine des négociations (lancées le 4 juillet 2008 mais suspendues depuis le 1er septembre) sur le nouvel accord renforcé de partenariat (EUROPE n°9779). Les pourparlers techniques dans les groupes de travail seront relancés encore avant la fin de novembre tandis que la prochaine réunion au niveau politique entre les négociateurs en chef (Eneko Landaburu pour l'UE et l'ambassadeur Vladimir Chizov pour la Russie) aura probablement lieu début décembre, explique-t-on à la Commission. La date précise devrait être annoncée lors du sommet de Nice.

Espaces communs. Les deux parties feront le point sur les travaux en cours depuis 2003 sur la mise en place des quatre « espaces communs » en matière économique, de justice/liberté/sécurité, de sécurité extérieure (dans le voisinage commun) et de recherche/éducation/culture. Les progrès sont mitigés, notamment dans le domaine économique où s'accumulent les problèmes: droits de survol de la Sibérie, taxes à l'exportation du bois russe, mesures russes contre l'importation de produits agricoles européens, problèmes douaniers, etc.. « La Russie a tendance à accumuler les problèmes plutôt que de travailler sur des solutions », déplorent certaines sources à la Commission. En revanche, Moscou a pris ces derniers temps une « attitude plus constructive » en matière de sécurité énergétique et de changement climatique, reconnaît-on à la Commission.

Adhésion de la Russie à l'OMC. L'UE continue à appuyer une adhésion rapide de la Russie à l'OMC, mais exige une solution satisfaisante pour pouvoir lever le dernier grand obstacle: la question des droits élevés qui frappent l'exportation de bois russe (une nouvelle augmentation de la taxe est prévue au 1er janvier 2009). L'UE fait pression sur Moscou pour trouver une solution à ce problème encore avant la fin de l'année.

Sécurité en Europe. Il est très probable que M. Medvedev évoque sa récente proposition visant à créer une nouvelle architecture de sécurité collective en Europe. Pour l'UE, il est « trop tôt » pour entrer dans un débat approfondi sur ce sujet. M. Sarkozy devrait cependant répéter sa suggestion d'en débattre lors d'un sommet de l'OSCE avant la fin de l'année 2009. L'UE devrait exprimer son irritation à propos de la récente déclaration de M. Medvedev sur le stationnement éventuel de missiles tactiques russes à Kaliningrad. « Il est clair que la déclaration du président russe ne contribue pas à la sécurité en Europe. On peut aussi s'interroger sur sa compatibilité avec la vision de M. Medvedev sur une nouvelle architecture de sécurité collective en Europe », commente-t-on à la Commission.

Questions internationales. Il sera notamment question de l'Afghanistan, de l'Iran et du Proche-Orient. Vladimir Chizov a annoncé que M. Medvedev soulèvera aussi les « violations » des droits des russophones en Lettonie et Estonie. « La politique des doubles standards continue malheureusement d'être appliquée » par l'UE en matière de droits de l'Homme et de minorités, a dit M. Chizov à RIA Novosti. Il demande que les pays baltes « remplissent les recommandations formulées par les organisations européennes et internationales, dont l'UE, le Parlement européen, l'OSCE et l'Assemblé parlementaire du Conseil de l'Europe ». (H.B.)

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