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Bulletin Quotidien Europe N° 9780
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/dÉveloppement

Le Conseil réaffirme l'engagement de l'UE à aider à court et à long terme les pays durement frappés par la crise alimentaire

Bruxelles, 11/11/2008 (Agence Europe) - Les ministres du Développement des Vingt-sept, réunis dans le cadre du Conseil Jumbo (Affaires générales/Relations extérieures/Développement), ont réaffirmé, mardi 11 novembre à Bruxelles, dans des conclusions unanimes sur la sécurité alimentaire, la ferme volonté de l'UE d'aider les pays en développement qui subissent de plein fouet la crise alimentaire mondiale, par des mesures à court terme, mais aussi à moyen et long terme.

Saluant les grandes lignes d'une réponse collective à ce défi, telles que dessinées par le Conseil européen de juin 2008, le Conseil se réjouit que la Commission se soit déjà engagée à allouer 800 millions d'euros en 2008-2009 via l'aide alimentaire, l'aide d'urgence et le redéploiement de certains crédits (notamment 200 millions d'euros débloqués sur le Fonds européen de développement pour les pays ACP) et que les États membres, par leurs contributions volontaires, aient porté à 700 millions d'euros la contribution de l'UE au Programme alimentaire mondial (PAM). Mais il convient, selon le Conseil, de poursuivre d'autres actions immédiates pour aider les populations les plus affectées et les plus vulnérables à assurer les récoltes des années prochaines par un soutien à la production agricole, à traiter les causes structurelles de la crise pour relancer durablement l'agriculture vivrière et assurer une moindre vulnérabilité des pays en développement à la volatilité des prix alimentaires. Le Conseil invite les États membres et la Commission à augmenter significativement la part de l'agriculture dans l'aide publique au développement.

Satisfait de ce consensus, Alain Joyandet, secrétaire d'État français à la Coopération au développement et à la Francophonie, a annoncé que la Présidence française organisera, les 8 et 9 décembre à Paris, une conférence internationale sur la relance structurelle durable de l'agriculture vivrière en Afrique, sous-région par sous-région, avec un double objectif: dresser un inventaire des besoins en équipements publics (barrages, stockage, voies de communication, énergie, constitution des filières professionnelles), et établir, « production par production, région par région, les objectifs qui pourraient être envisagés avec les responsables économiques des différentes sous-régions ».

Appel à un accord sur le milliard promis - Colère du commissaire Michel

Interrogé par la presse sur l'incapacité des ministres des Finances à se mettre d'accord sur le milliard d'euros proposé par la Commission européenne pour sauver d'urgence les récoltes 2008 et 2009 des pays en développement les plus durement touchés, Alain Joyandet a indiqué que le Conseil Développement n'a pas débattu du « montage financier devant permettre la mise en œuvre de ce milliard ». Le Président a toutefois exprimé son « grand espoir qu'une solution technique sera trouvée », la semaine prochaine lors de la concertation budgétaire du 21 novembre. Dans ses conclusions, le Conseil se contente de saluer les travaux du Conseil, du Parlement et de la Commission « visant à mettre en œuvre les orientations du Conseil européen de juin 2008 quant à l'instauration d'une nouvelle facilité de soutien à l'agriculture dans les pays en développement dans le respect des perspectives financières actuelles », et il « appelle à la conclusion rapide de ces travaux en vue de définir une réponse ambitieuse de l'Union européenne à la crise alimentaire avant la fin de 2008 ».

« Les 27 États membres s'étaient dits favorables, sur le principe. Restait la solution à trouver. Pour des questions budgétaires, il est compliqué d'utiliser les ressources de la PAC, et il convient de déterminer si les fonds seront mobilisés sur deux ou trois ans, ou s'il convient d'intégrer un peu de flexibilité », a indiqué M. Joyandet en concédant que « la discussion reste à finaliser ».

Le commissaire au Développement, Louis Michel, a, quant à lui, piqué une colère devant les journalistes, en accusant les États membres de se réfugier derrière des subterfuges budgétaires dilatoires alors que le temps presse pour apporter la réponse urgente annoncée. « À cause de tous ces retards, 2008 est une occasion ratée. La proposition initiale de la Commission était sur deux ans (2008-2009), pour l'accès aux semences et aux engrais. Il s'agit maintenant de sauver les récoltes 2009 et 2010. Ce n'est pas 2010-2011-2014 pour faire avaler la pilule aux États membres ! », s'est-il exclamé. Et pour sauver les récoltes 2009-2010, « il n'y a pas 36 solutions: il faudra financer des programmes existants - du PAM, de la FAO de l'IFAT, de la Banque mondiale - raison pour laquelle les ONG ne sont pas des opérateurs privilégiés dans la proposition de la Commission », a expliqué le commissaire. Louis Michel se dit surpris que des engagements pris au plus haut niveau « soient remis en cause au détour de petites arguties sémantiques et de prétextes spécieux. Qu'on arrête de dire qu'on veut faire les choses pour trouver mille et une raisons de ne pas les faire ». La solution pour trouver le milliard est simple: « que chacun s'engage à faire une ristourne par la voie budgétaire classique », suggère le commissaire. « C'est une question de volonté politique ! » (A.N.)

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