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Bulletin Quotidien Europe N° 9780
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JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/jordanie

La 7ème session du Conseil d'association a été fructueuse et ouvre la voie à l'octroi d'un « statut avancé » - La Jordanie officiellement candidate au poste de secrétaire général de l'UpM

Bruxelles, 11/11/2008 (Agence Europe) - La Jordanie et l'UE, qui ont tenu, lundi 10 novembre en fin de journée à Bruxelles, la 7ème session du Conseil d'association, structure conjointe qui se réunit au moins une fois par an, a permis, selon Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'État français aux Affaires européennes, un « échange fructueux ». Salaheddine Al-Bashir, le ministre jordanien des Affaires étrangères, confirme cette appréciation et indique la volonté de la Jordanie d'approfondir la coopération avec l'UE.

Selon M. Jouyet, cette coopération bilatérale est déjà intense dans les domaines économiques, du commerce et sur le plan politique. « Nous souhaitons véritablement renforcer cette coopération » avec un pays qui est la « clé de stabilité (…) du Moyen-Orient ». Il a indiqué que la Jordanie avait remis un document qui donne des idées sur la manière de renforcer la coopération « dans le même esprit que le 'statut avancé' négocié avec le Maroc ». Il fait observer que ce désir d'intensifier la coopération s'exprime au moment où le processus EuroMed a enregistré « un grand succès » à Marseille » et « franchi un pas important » dont il désigne comme premier grand acquis la création d'un secrétariat général et de six sous-secrétaires généraux adjoints. Il note aussi, positivement, le travail commun mené par tous les pays riverains, Israël et ses voisins arabes, ce qui lui semble être un signe important de la volonté de coopérer et d'œuvrer pour la paix dans la région. Le ministre jordanien a expliqué le contenu du « non paper » remis à l'UE, fruit d'une intense consultation de l'industrie. Il traite, a-t-il expliqué en réponse à EUROPE du développement économique, du culturel et du politique sachant que dans ces deux régions (l'Europe et la Méditerranée) intrinsèquement liées « la sécurité est un sujet important ». Il comporte également des propositions sur le renforcement de la coopération dans le domaine des ressources humaines et une série de projets à entreprendre en commun. Un Forum, sorte de « groupe de réflexion », sera lancé pour évaluer l'acquis et étudier les idées mises sur la table.

Il ressort de ces échanges, notamment lors du « dialogue politique », que l'UE juge relativement satisfaisantes les avancées dans ce pays. « L'adoption d'une loi sur la violence domestique et d'une loi sur l'accès à l'information, la commission chargée de la lutte contre la corruption, qui a entamé ses travaux en janvier 2008, et la promotion de l'égalité de traitement pour les femmes (quotas au sein des conseils municipaux, création d'une unité spéciale au sein du ministère du travail) constituent autant de points positifs qui peuvent être mis en exergue. L'UE prend acte de la loi de 2007 sur la presse et les publications, qui élargit la législation actuelle et renforce la protection des journalistes et de toutes les libertés individuelles, et elle espère voir une plus grande cohérence entre cette loi et le code pénal. (Mais) l'UE est vivement préoccupée par la loi sur la société civile, qui a été adoptée récemment par le parlement » et elle « espère que l'adoption de la loi sur les rassemblements publics, qui a été modifiée récemment, permettra de trouver un juste milieu entre la nécessité de garantir la sécurité et celle de donner à la population la possibilité de formuler et d'exprimer son opinion et de participer à la vie publique ».

Les échanges de vues politiques ont permis d'aborder largement le dossier du Moyen-Orient et les principaux sujets de préoccupation dans la région, en particulier l'Irak. L'UE se dit à ce sujet « tout à fait consciente de la lourde charge que fait peser sur la Jordanie et d'autres États voisins l'évolution de la situation en Irak, notamment la présence sur le sol jordanien de réfugiés irakiens. L'UE et la Jordanie s'accordent sur l'importance d'assurer le soutien total de la communauté internationale en faveur du processus d'élaboration du Pacte international pour l'Irak. L'UE est prête à aider à lutter contre l'extension du terrorisme en coopération avec les États voisins et le reste de la communauté internationale. L'UE note avec grande satisfaction que le roi Abdullah s'est rendu en Irak en août 2008, ce qui constitue à ce jour la première et seule visite d'un chef d'État arabe dans ce pays depuis la guerre de 2003. L'UE se réjouit que la Jordanie ait décidé de nommer un ambassadeur en Irak. Elle félicite la Jordanie pour le rôle constructif qu'elle joue dans le processus associant les pays voisins de l'Irak et d'autres intervenants et se félicite qu'elle se soit déclarée disposée à continuer d'accueillir le groupe de travail sur les personnes déplacées ».

Sur le plan économique, en gros, la Jordanie a, observe l'UE, « obtenu d'excellents résultats et poursuit ses réformes (dans des domaines tels que la fiscalité et la gestion des finances publiques). L'UE soutient la Jordanie dans ces réformes difficiles, mais aussi indispensables pour garantir la croissance économique, particulièrement à un moment où les prix de l'énergie sont très élevés ».

Le ministre jordanien a, par ailleurs, explicitement confirmé « l'intérêt » de son pays pour obtenir le poste de secrétaire général de l'Union pour la Méditerranée (UpM). « Nous avons fait savoir cet intérêt lors d'une réunion restreinte (à Marseille, au sein du groupe arabe) et ensuite en plénière ». Officiellement, la question est en suspens même si Bernard Kouchner a regretté à Marseille, mardi 4 novembre, la réponse « brutale » donnée à la candidature de Tunis. Mais, officieusement, les jeux seraient faits. La Jordanie est favorite. (F.B.)

 

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