Bruxelles, 11/11/2008 (Agence Europe) - « La crise financière n'est pas encore finie » et l'économie réelle continuera à en souffrir, a rappelé, mardi 11 novembre, le commissaire européen aux Affaires économiques et financières devant des journalistes à Bruxelles. « Il est clair que 2009 et même 2010 seront des années difficiles », a ensuite confirmé Joaquín Almunia, lors d'une conférence organisée à Bruxelles par l'Institut de recherche économique de l'Université de Munich (« Ifo Brussels International Economic Forum »). « Il y a un risque réel que si les tensions financières s'intensifient ou durent plus longtemps, elles pourraient avoir des effets plus importants sur l'économie (…) », a-t-il ajouté, en insistant sur la grande incertitude des perspectives actuelles.
Depuis la présentation des prévisions économiques d'automne le 3 novembre (EUROPE n° 9772), dans lesquelles la Commission tablait sur une croissance de la zone euro de 1,2% en 2008 et 0,1% en 2009, d'autres chiffres plus inquiétants ont en effet été publiés par d'autres organisations. En fin de semaine dernière, le Fonds monétaire international (FMI) a ainsi estimé que les pays développés connaîtraient une récession l'année prochaine, avec une contraction de l'activité économique de 0,3% (une forte réduction par rapport à ses projections précédentes). Comme les États-Unis (-0,7%) ou le Japon (-0,2%), la zone euro (-0,5%) ne sera pas épargnée, selon le FMI, qui entrevoit une baisse du PIB de 0,8% en Allemagne, de 0,5% en France et de 1,3% au Royaume-Uni.
Alors que le pessimisme règne pour 2009, l'impact de la crise risque aussi d'être plus marqué que prévu à très brève échéance. Les prochaines estimations d'Eurostat sur le PIB au troisième trimestre 2008, qui seront publiées vendredi 14 novembre, donneront une idée plus précise quant à la situation économique actuelle de la zone euro. Après une baisse de 0,2% enregistrée au deuxième trimestre de l'année, un nouveau repli du PIB signifierait l'existence d'une récession (qui se définit comme la baisse du PIB lors de deux trimestres consécutifs). Les indicateurs sur le climat économique de la zone euro au quatrième trimestre 2008, que publiera l'Ifo cette semaine, n'annonceront rien de bon non plus. Son président, Hans-Werner Sinn, qui s'exprimait en marge de la conférence, a confirmé que les indices seront à leurs plus bas niveaux jamais atteints. L'évaluation de la situation actuelle et les attentes pour les six prochains mois ont en effet fortement décliné, a-t-il précisé. (A.B.)