Bruxelles, 05/11/2008 (Agence Europe) - À la veille du sommet international consacré à la réforme du système financier mondial, qui réunira samedi 15 novembre à Washington les chefs d'État et de gouvernement des puissances économiques mondiales du G20, les négociations multilatérales de Doha, dans l'impasse depuis l'échec de la dernière ministérielle OMC (EUROPE n° 9714), refont surface dans les discussions internes au Conseil, menaçant de fragiliser l'unité européenne défendue par la Présidence française en juillet à Genève. Contre l'avis de cette dernière, l'Allemagne et le Royaume-Uni souhaitent qu'un appel fort soit lancé à Washington en faveur d'une relance du round de Doha, de préférence avant la fin de l'année. Un groupe de pays, comprenant l'Australie, le Brésil et les États-Unis, travaille à la rédaction d'un projet de conclusions du sommet qui appelle à relancer les négociations de Doha et met fermement en garde contre les tentations protectionnistes. Soutenus par la Commission européenne, l'Allemagne et le Royaume-Uni, qui voient dans la relance du libre-échange en général, et de l'agenda de Doha en particulier, le principal moyen de surmonter la crise, souhaitent qu'un appel fort soit exprimé dans le texte. La France, qui s'est toujours opposée à un accord multilatéral défavorable aux intérêts des agriculteurs français et européens, ne voit pas d'un bon œil l'initiative germano-britannique qui, selon elle, serait vouée à l'échec. « Je ne vois pas bien le caractère opérationnel d'un tel appel. De toute façon, George Bush arrive en fin de mandat, les Américains ne pourront pas honorer une quelconque promesse », commente dans les colonnes du Figaro du 5 novembre la ministre française des Finances, Christine Lagarde. La question devrait être abordée lors du Conseil européen extraordinaire de vendredi 7 novembre à Bruxelles. Contrainte par le devoir de neutralité incombant à l'exercice de la Présidence du Conseil, la France ne devrait pas s'opposer à l'initiative de Berlin et Londres. (E.H.)