Bruxelles, 08/09/2008 (Agence Europe) - La Commission européenne propose aux États membres de mettre fin à l'isolement politique du Bélarus dans l'espoir de soutenir ainsi les forces pro-européennes en vue des élections parlementaires du 28 septembre prochain. Depuis 2004, l'UE a gelé tous ses contacts politiques de haut niveau avec Minsk et introduit une série de mesures restrictives (visas, gel des avoirs, restrictions commerciales, etc.) pour protester contre les agissements antidémocratiques et les nombreuses violations des droits de l'Homme du régime du président Alexandre Loukachenko. Le pays est aussi momentanément exclu de la politique européenne de voisinage (PEV) en attendant un changement politique. Samedi, à Avignon, la commissaire en charge des relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, a suggéré aux ministres des Affaires étrangères de renouer des contacts politiques avec les forces pro-européennes qui, semble-t-il, sont en train de gagner en importance, même au sein du gouvernement. Mme Ferrero-Waldner a même proposé d'inviter le ministre biélorusse des Affaires étrangères, Sergei Martynov (un ancien ambassadeur de son pays auprès de l'UE à Bruxelles), pour une réunion de la troïka ministérielle en marge du prochain Conseil « Relations extérieures » le 15 septembre à Bruxelles. Les ministres ont brièvement discuté de la proposition (les réactions ont été « mitigées », selon un diplomate), mais aucune décision n'a encore été prise au sujet de l'invitation. Dans l'entourage de Mme Ferrero-Waldner, on insiste sur l'urgence d'envoyer un « signal positif » aux pro-européens à Minsk avant le scrutin du 28 septembre. Deux décisions récentes vont dans la bonne direction et pourraient indiquer que le régime biélorusse est prêt à s'ouvrir davantage: la libération de plusieurs prisonniers politiques en août (« Il n'y a plus de prisonniers politiques au Bélarus », affirme-t-on du côté de Mme Ferrero-Waldner) et le refus de Minsk de suivre la Russie dans la reconnaissance de la déclaration unilatérale d'indépendance des deux républiques sécessionnistes de Géorgie, l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie. (H.B.)