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Bulletin Quotidien Europe N° 9735
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/gymnich

Les ministres appellent au respect de l'accord en six points et souhaitent une enquête internationale indépendante sur le conflit géorgien

Avignon, 08/09/2008 (Agence Europe) - Avant la visite à Moscou et Tbilissi des Européens (voir autre nouvelle), les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont tous soutenu cette démarche décisive, en suivant la ligne définie par le Conseil européen du 1er septembre. À Avignon, lors de leur réunion informelle, ils ont réitéré « la détermination de l'UE à continuer d'assumer ses responsabilités dans cette crise, mais aussi de songer à en assumer d'autres préventivement » (notamment en Ukraine), selon Bernard Kouchner. Des responsabilités qui passent par l'aide à la reconstruction de la Géorgie, une présence européenne sur le terrain, mais aussi par le dialogue avec Moscou, selon le ministre français des Affaires étrangères qui s'exprimait samedi 6 septembre.

Selon M. Kouchner, les Vingt-sept ont aussi plaidé pour le lancement « au plus vite » d'une enquête internationale « sur le déroulement du conflit ». Une telle mission pourrait être confiée à un organisme international, une organisation non gouvernementale ou les Nations unies, a expliqué le ministre français, évoquant l'intention du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, d'envoyer une « fact finding mission » en Géorgie et en Ossétie du Sud prochainement. Cette idée avait été lancée la veille par son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier et aussitôt appuyée par son collègue britannique, David Miliband, pour qui il est « essentiel que toute allégation, qu'il s'agisse de violations des droits de l'Homme, de bombes à sous-munitions ou toute autre allégation, fasse l'objet d'une enquête approfondie et indépendante ». L'Espagnol Miguel Angel Moratinos y a également souscrit, ainsi que le Luxembourgeois Jean Asselborn, désireux d'en savoir plus « pour définir la responsabilité du déclenchement du conflit ». Il y a eu, selon lui, unanimité des ministres sur le bien-fondé de lancer cette enquête.

Mais, avant le déplacement de lundi à Moscou et Tbilissi, le message a surtout consisté à souligner l'importance de l'accord du 12 août. « Nous attendons des Russes le respect de l'engagement donné » dans la mise en œuvre de l'accord en six points, c'est-à-dire le retrait des troupes et le maintien d'un esprit de dialogue avec l'UE. Un esprit qui n'a, selon M. Kouchner, « pas fait défaut » jusqu'à présent. « Nous sommes prêts à développer notre relation (avec la Russie), mais respectons d'abord chacun nos propres signatures ». Mais de quelle patience l'UE fera-t-elle preuve ? « Nous sommes prêts à attendre jusqu'à lundi au moins et nous verrons après », a précisé M. Kouchner sans vouloir brûler les étapes. «'Sanction' n'est pas notre mot, nous devons trouver un terrain d'entente (…) un langage commun », a ajouté M. Kouchner, qui n'est pas favorable aux démonstrations de force en mer Noire, où des bâtiments militaires américains naviguent, car « ce problème ne se réglera que politiquement, pas par des bateaux de guerre ».

Préparée depuis le Conseil européen, le lancement d'une mission autonome civile de l'UE dans le cadre de la PESD prend forme, même si M. Kouchner a entretenu l'ambigüité en indiquant que celle-ci serait mise en place « en se fondant d'abord avec les missions de l'OSCE et des Nations unies ». Pour le président en exercice de l'OSCE, le ministre finlandais Alexander Stubb, une telle solution est possible. « Je pense que cette mission doit être commandée par l'UE, mais l'OSCE a de bonnes infrastructures sur le terrain », a-t-il estimé, se disant prêt à envisager une formule « OSCE à court terme et UE à moyen et long terme ». Il a noté des progrès encourageants sur le terrain. « Nous avons eu un très bon accès. Nous continuons de travailler et, selon moi, les Russes s'ouvrent progressivement », a déclaré M. Stubb, en jugeant que les observateurs de l'OSCE se déplaçaient « assez librement » en Géorgie, y compris dans les zones tampon contrôlées par Moscou près de l'Ossétie du Sud.

Pour Javier Solana, « l'engagement collectif, de tout le monde, pour se rendre sur le terrain » a prévalu. Devant la presse, le Haut représentant de l'UE pour la PESC a confirmé que les ministres étaient désormais en mesure d'agréer, le 15 septembre lors du prochain Conseil « Relations extérieures », l'action commune nécessaire au lancement d'une mission d'observation. Les détails concernant son déploiement restaient cependant encore flous, en attendant le résultat de la réunion de lundi. Un déploiement des premiers effectifs pourrait avoir lieu dès le début octobre, sur tout ou partie du territoire géorgien (la question des zones tampon est en cause, sans parler des territoires d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie à proprement parler), de sorte que plusieurs phases sont toujours envisagées. Certains évoquent un chiffre de 150 à 200 experts (officiers de police, experts en matière d'État de droit et de gestion des crises, magistrats, etc.), même si le format habituel de ce genre de mission se situe entre 200 et 250 personnes. Rappelant que l'objectif de la réunion de lundi est le retrait des troupes russes, M. Solana explique: s'il y a accord, les choses suivront leur cours, « s'il n'y a pas d'accord, nous rentrerons dans une phase de difficultés ». (A.B.)

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