Bruxelles, 08/09/2008 (Agence Europe) - Alors qu'une conférence ministérielle relative aux politiques d'asile en Europe débutait, lundi 8 septembre à Paris, sous présidence française, le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) de l'ONU a appelé les États membres de l'UE à bâtir une véritable « Europe de l'asile ». Construire un système européen commun d'asile constitue « une aventure ambitieuse sans précédent » et une « opportunité unique pour renforcer la protection des réfugiés », a indiqué lundi António Guterres, le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, dans un communiqué. Un tel système pourrait « représenter un exemple pour le monde entier », à partir du moment où il garantit réellement la protection des réfugiés, a-t-il ajouté. M. Guterres a toutefois souligné que l'UE devait absolument rester accessible pour les demandeurs d'une protection car plus on élèvera des barrières pour les empêcher d'entrer, plus ceux-ci se retrouveront aux mains des trafiquants d'êtres humains. En 2007, il y avait 220 000 demandes d'asile dans l'UE à 27, tandis que, 7 ans plus tôt, dans l'UE à 15, on comptait 400 000 demandes du même type. Le Commissaire a aussi pressé les États membres de gommer les disparités qui existent entre eux concernant la qualité des décisions accordant ou refusant l'asile. Ainsi, par exemple, un demandeur d'asile irakien ou afghan n'a pas les mêmes chances d'obtenir une protection en Grèce, en Suède ou en Allemagne. Et lorsqu'il l'obtient, cela aboutit souvent à des statuts et à des droits différents. Il a encore estimé que « l'Union européenne peut et doit mieux faire » en matière de réinstallation des réfugiés en provenance de pays tiers. (B.C.)