Bruxelles, 08/09/2008 (Agence Europe) - Le rôle essentiel des enseignants dans l'amélioration de la qualité de l'enseignement, dans le cadre du Processus de Lisbonne, est unanimement reconnu par les États membres. Le réseau d'information sur l'éducation Eurydice a publié une nouvelle étude analysant l'autonomie pédagogique des établissements scolaires et des enseignants dans une trentaine de pays européens, qui vient compléter l'étude sur l'autonomie scolaire des établissements en matière de gestion des ressources financières et humaines (voir EUROPE n° 9608). Le rapport analyse également les conditions de travail des enseignants.
Les deux dernières décennies ont été marquées par un développement prononcé des responsabilités attribuées aux enseignants dans la grande majorité des pays européens, mutations importantes qui se sont généralement traduites par une charge de travail accrue, constate Eurydice. Dans la plupart des systèmes scolaires, même les plus centralisés, les enseignants jouissaient déjà d'une certaine liberté dans le choix des méthodes et des supports de cours. Les réformes liées à l'autonomie scolaire, couplées à des mesures de décentralisation, leur permettent désormais d'intervenir dans la conception des programmes d'études de leur établissement. S'il est de plus en plus demandé aux écoles non seulement d'améliorer leurs performances académiques mais aussi de traiter des problèmes sociétaux plus globaux, seuls quelques pays (République tchèque, Espagne, Italie, Royaume-Uni) ont créé de nouveaux postes au sein des écoles pour pourvoir à cette demande. À propos des statuts et des conditions de travail des enseignants, seuls de rares pays comme les Pays-Bas, le Portugal ou le Royaume-Uni ont rénové globalement le système ou sont en passe de le faire (République tchèque, Espagne, France ou Liechtenstein). Par ailleurs, la décentralisation et l'autonomie scolaire ont engendré de nouveaux types de répartition des compétences pédagogiques entre les gouvernements centraux, les collectivités locales et les établissements scolaires. Dans la totalité des pays européens, les programmes scolaires entièrement centralisés ont disparu au profit de contenus d'enseignement laissant une place significative à l'école et aux enseignants. Trois principaux modèles se dégagent. Dans le premier, qui se rencontre dans les pays nordiques et d'Europe centrale, l'autorité centrale dessine un cadre général qui définit à grands traits les contenus d'enseignement, cadre rempli par les collectivités locales et les enseignants. Dans le second (Pays-Bas et Suède), l'État définit les objectifs à atteindre aux étapes clés de la scolarité, laissant une large latitude aux établissements scolaires pour définir les contenus d'enseignement. Dans le troisième, des programmes d'études définis par l'État central sont juxtaposés à des enseignements conçus par les acteurs locaux. Les enseignants décident toutefois peu du contenu du programme d'études minimum obligatoire, défini dans deux tiers des pays au niveau central. Le temps de travail des enseignants est défini dans la grande majorité des pays par un nombre d'heures d'enseignement souvent couplé à un nombre global d'heures de travail. Douze pays définissent un nombre d'heures de présence à l'école. Au Royaume-Uni, seul ce dernier critère est retenu. Le travail en équipe est généralement encouragé mais le temps de travail à y consacrer n'est souvent pas défini formellement. Outre les tâches d'enseignement, de préparation des cours et de corrections, le remplacement des collègues absents et le soutien aux nouveaux enseignants figurent parmi les tâches les plus souvent demandées aux enseignants. La formation professionnelle continue est considérée comme une obligation professionnelle dans plus de 20 pays. En Belgique, République tchèque, Lituanie, Malte, Royaume-Uni et en Islande, les établissements sont tenus de mettre en place un plan de formation professionnelle continue pour leurs enseignants dans le cadre de leur plan de développement de l'établissement. La non participation semble toutefois rarement pénalisée et la majorité des pays déclarent que le manque de remplaçants et le coût de ces remplacements sont un frein à cette participation. Infos: http://www.eurydice.org. (I.L.)