*** FREDERIC PERON (sous la dir. de): L'Europe dans la société de l'information. De Boeck / Larcier (39 rue des Minimes, B-1000 Bruxelles. Tél.: (32-2) 5480711 - fax: (32-10) 482750 - Internet: http://www.larcier.com ). 2008, 230 p.. ISBN 978-2-8044-2982-9.
Créé voici six ans au sein de l'Université Paris-Sud 11, l'Institut du droit de l'espace et des télécommunications a pris la bonne habitude d'organiser un colloque annuel sur le thème de "l'Europe dans la société de l'information" afin d'analyser les implications et les questions juridiques entraînées par ce qui, depuis trente ans, peut être qualifié de révolution permanente. La rencontre académique dont cet ouvrage rend compte s'est déroulée en Roumanie grâce à la complicité de la faculté de droit "Simion Barnutiu". Toutes les contributions visent à éclairer de manière très savante différents points du cadre juridique des communications électroniques en Europe et à marquer la nécessité, ainsi que le souligne dans l'avant-propos Philippe Achilleas, patron de l'Institut, d'un "renforcement des relations interculturelles indispensable à l'achèvement du marché intérieur des télécommunications". Toutes, en clair, s'emploient à jeter des ponts, d'abord entre le droit et la technologie, ensuite entre le droit et les us et coutumes sociétaux qui s'imposent dans le contexte de l'époque révolutionnaire à laquelle nous participons sans toujours en prendre la mesure.
La première partie de l'ouvrage traite de l'actualité du droit des communications électroniques, tandis que la seconde porte plus spécifiquement sur la gestion de la fracture numérique. De la révision du "paquet télécom" initiée par la Commission à la régulation requise, traditionnelle ou nouvelle, par la téléphonie haut débit, de la convergence à la gestion des fréquences radioélectriques, du modèle à retenir pour réguler les réseaux de nouvelle génération aux enjeux juridiques des services de communication audiovisuelle à la lumière de la directive sur les "services de médias audiovisuels", des adaptations du droit commercial qu'impose le commerce électronique aux implications de ce dernier pour la protection des données, les auteurs procèdent à des analyses scientifiques qui raviront les juristes spécialisés et autres experts du monde de la Vidéo à la demande, de la Voix sur Internet, de la messagerie unifiée, du Web 2.0.
Au-delà de ces aspects réservés aux seuls initiés, l'ouvrage recèle aussi certaines pages de nature à permettre à "l'honnête homme" de ce début de millénaire de saisir en quoi il est, sans qu'il en ait vraiment conscience, l'objet et l'acteur d'une révolution majeure de l'histoire de l'humanité. Une révolution comparable, selon Xavier Aucompte (Université Paris Dauphine et cofondateur du Blog de la Communauté des Managers Intranet), aux grandes découvertes qui voit des Colomb et autres Magellan s'en aller courir le monde grâce à de nouvelles technologies - les caravelles, la boussole… - qui révolutionnent la société, ensuite à la création de l'imprimerie par Gutenberg grâce à qui la diffusion du savoir ne sera plus jamais pareille, enfin les vagues créatrices de la fin du XIXe siècle qui voient Jules Verne remplacer Léonard de Vinci et participent à une révolution bien plus que simplement industrielle. Autant de moments forts où l'être humain a passé "un cap grâce aux nouvelles technologies", mais surtout a montré "sa volonté de vivre un autre monde, la force de son imagination créatrice et innovante", jusqu'à changer le monde. Et bien, nous vivrions carrément un tournant comparable, aussi fondamental: "La Société de l'information n'est pas une organisation précise, un outil ou un ensemble d'outils, un métier ou une corporation de métiers divers. Elle est la création d'un nouveau mode d'échange d'informations entre les humains et pour la première fois en dehors d'un cadre géographique ou communautaire. L'homme a dépassé l'outil en se l'appropriant", explique Xavier Aucompte pour qui, dès lors, la révolution de la Société de l'information est en marche, se traduisant par "des usages et des modes de vie" qui engendrent déjà une humanité nouvelle. En clair, nous serions tous, du moins tous ceux qui ne sont pas les victimes de la fracture numérique, les artisans d'un monde nouveau et le droit, les technologies, les entreprises et les milieux politiques seraient aujourd'hui dans l'obligation de s'adapter, de se remettre en question afin d'épouser le XXIe siècle qui se façonne sous le couvert de la révolution technologique: "Il n'y a pas de révolution sans nouvel outil. Mais l'outil n'est pas la révolution. Au centre de la révolution, il y a l'homme. C'est bien par l'utilisation au quotidien de l'outil par le plus grand nombre que cela devient une révolution".
Michel Theys
*** CARINE DOUTRELEPONT, FRANCOIS DUBUISSON (sous la dir. de): Le droit d'auteur adapté à l'univers numérique - Nieuw auteursrecht voor de digitale wereld. Etablissements Bruylant (67 rue de la Régence, B-1000 Bruxelles. Tél.: (32-2) 5129842 - fax: 5119477 - Courriel: jean@bruylant.be - Internet: http://www.bruylant.ce ). Collection "Faculté de droit de l'Université libre de Bruxelles", n° 56. 2008, 314 p., 65 €. ISBN 978-2-8027-2556-5.
Prolongement d'un colloque organisé au Sénat belge, cet ouvrage analyse de manière scientifique les changements apportés à la législation belge à l'occasion de la transposition de la directive de 2001 relative à l'harmonisation de certains aspects du droit d'auteur et des droits voisins dans la société de l'information. Des juristes spécialisés traitent successivement de la notion d'œuvre, des prérogatives patrimoniales des auteurs, de la protection des mesures techniques, du droit de l'accès, du régime des exceptions et de la copie privée.
(PBo)
*** GEORGE ALAO, EVELYNE ARGAUD, MARTINE DERIVRY-PLARD, HELENE LECLERCQ (sous la dir. de): Grandes et petites langues. Pour une didactique du plurilinguisme et du pluriculturalisme. Peter Lang (32 Hochfeldstrasse, Case postale 746, CH-3000 Berne 9. Tél.: (41-32) 3761717 - fax: 3761727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.com ). Collection "Transversales", n° 24. 2008, 315 p., 53,90 €. ISBN 978-3-03911-578-5.
Prolongement d'un colloque organisé à la Sorbonne, cet ouvrage voit des universitaires des cinq continents s'employer à ciseler une didactique du plurilinguisme et du pluriculturalisme, entendue comme la pratique de plus de deux langues ou cultures. Quelles sont les situations géopolitiques et les contextes économiques, qu'ils soient historiques ou contemporains, qui favorisent les contacts méthodologiques entre "grandes" et "petites" langues ? Dans quelles mesures les politiques linguistiques favorisent-elles ou non la promotion et la diversité des langues ? Quels sont les rapports de domination, de représentation des langues et des cultures où s'affrontent les processus de reconnaissance linguistique, de promotion et de diffusion ? Comment, face à la diversité des langues, se bâtissent les formations et les enseignements ? Comment de nouveaux objets tels que la dimension biographique, les attitudes xénophiles et xénophobes, les processus de mobilité/immobilité, de parole/silence traversent-ils la recherche en didactique des langues et des cultures ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles les auteurs apportent des réponses scientifiques éclairantes et innovantes, les données communément admises étant revisitées tant à propos des parcours des apprenants et enseignants, des compétences forgées à partir du vécu d'une expérience plurilingue et pluriculturelle en situation scolaire ou non-scolaire, de la relation entre étranger et natif, qu'à propos de la conception et du choix des matériaux culturels. De nombreuses contributions concernent directement l'Europe, du nom de la langue parlée par les Serbes de Bosnie à "l'histoire d'une grande langue - le français - qui, pour ne pas devenir petite, se découvre pluriculturelle" en passant par les enjeux de l'enseignement du néerlandais dans la Flandre française, des points de rencontre entre les langues roumaine et française ou les représentations de l'anglais, du français et de l'allemand chez les étudiants japonais. Un ouvrage très complet destiné, cela va de soi, à un public averti.
(PBo)
*** DANIELE MOORE, VERONIQUE CASTELLOTTI (sous la dir. de): La compétence plurilingue: regards francophones. Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection "Transversales", n° 23. 2008, 250 p., 42 €. ISBN 978-3-03911-432-0.
Dans le monde d'aujourd'hui et tout particulièrement dans l'Europe de la libre-circulation des personnes, l'essor des parcours de mobilité influence la manière dont les langues et les cultures se rencontrent, avec les formes de pluralité qui en découlent. Dans ce contexte, la notion de "compétence plurilingue et pluriculturelle" constitue-t-elle un outil efficace pour décrire les compétences plurielles des locuteurs qui vivent au quotidien ce contact ? Dans cet ouvrage, des chercheurs européens et nord-américains de langue française questionnent les différentes facettes de la notion, dans des configurations qui rassemblent, imbriquent et articulent la sphère des pratiques ordinaires et celle des politiques linguistiques et éducatives. Mariant la linguistique, la pédagogie, la psychologie, l'anthropologie sociale et culturelle, l'ethnologie, la didactique, le droit, la politique, l'économie, la neurolinguistique, la sociologie, l'histoire et, enfin, l'utilisation des technologies de l'information, ces regards croisés - et pointus - offrent un tour d'horizon très complet sur l'interface entre français, compétence, plurilinguisme et pluriculturalité.
(PBo)
*** GIULIANA GARZONE, CORNELIA ILIE (sous la dir. de): The Use of English in Institutional and Business Settings. An Intercultural Perspective. Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection "Linguistic Insights", n° 34. 2007, 372 p., 64,20 €. ISBN 978-3-03910-889-3.
Alors que la variété des langues ne cesse de s'accroître dans l'Union, l'utilisation de l'anglais dans le cadre professionnel (qu'il soit institutionnel ou entrepreneurial) européen et international devient de plus en plus courante. Cet ouvrage se focalise sur cette tendance et sur les problèmes interculturels qui peuvent en découler. S'agit-il d'une menace à la diversité culturelle ? L'asymétrie des connaissances de cette langue entre natifs et non natifs est-elle dangereuse pour ces derniers ? Autant de questions abordées sous l'angle de la menace à la diversité: le langage n'est jamais neutre et l'utilisation de l'anglais véhicule forcément des tendances culturelles propres à ses utilisateurs originels. Les auteurs, s'appuyant notamment sur les recherches existantes concernant la communication Lingua Franca, tentent de déterminer l'étendue du danger. L'ouvrage est structuré en quatre parties. La première traite des diversités de genre dans l'anglais utilisé pour la promotion des produits dans le commerce international ; la deuxième s'attaque aux problèmes résultant des "inévitables divergences et variations dans la conceptualisation et la catégorisation" d'un pays à l'autre, celles-ci ayant un impact évident sur l'utilisation du langage et les pratiques discursives ; la troisième s'intéresse aux variations du discours, qui peuvent mener à une communication non efficace ou à des malentendus ; enfin, la quatrième est plus spécifiquement consacrée aux questions interculturelles liées à la communication en face à face. Un ouvrage intéressant qui "procure une image diversifiée des questions liées à la communication interculturelle dans le cadre institutionnel et organisationnel".
(TBa)
*** DAVID MARSH, DIETER WOLFF (sous la dir. de): Diverse Contexts - Converging Goals. Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection "Mehrsprachigkeit in Schule und Unterricht", n°6. 2007, 362 p., 39,20 €. ISBN 978-3-631-56905-4.
Dédié au système scolaire européen, cet ouvrage offre une étude approfondie de l'Apprentissage intégré du contenu et du langage, approche connue dans les milieux concernés sous l'acronyme anglais CLIL. Cet exemple d'intégration des programmes scolaires apparu en 1994 constitue, selon les auteurs, une méthode qui "a démontré être une approche scolaire innovante des contextes éducationnels dominants et qui progresse clairement de manière rapide". D'où la tenue de la conférence CLIL 2006 qui a servi de base à cet ouvrage et qui visait à identifier ce que constitue une bonne pratique de cet outil à travers un dialogue interdisciplinaire entre professeurs, chercheurs, administrateurs et autres parties prenantes. L'objectif des auteurs est de "déterminer pourquoi et comment" cette bonne pratique peut mener à des résultats positifs. Ils procèdent à cette fin en six étapes: importance générale du CLIL, manières de le mettre en œuvre dans les différents systèmes d'éducation d'Europe, analyse des projets de recherche en cours, étude de l'impact de l'intégration entre contenu et langage, aspects pratiques et, enfin, description des activités de CLIL qui ont été menées conjointement à l'échelle européenne. Il s'agit sans aucun doute d'un ouvrage très abouti qui identifie de manière claire les problèmes du CLIL (manque de reconnaissance, de soutien financier et administratif ou encore de financement), ses auteurs réfléchissant aux améliorations possibles du système (plus de formation des enseignants, mise en place de programmes de développement professionnel, projets expérimentaux, reconsidération de la formation scolaire, etc.).
(TBa)
*** JONAS MASDONATI: La transition entre école et monde du travail. Préparer les jeunes à l'entrée en formation professionnelle. Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection "Exploration". 2007, 281 p., 32,90 €. ISBN 978-3-03911-313-2.
Comment la transition de l'école à la formation professionnelle est-elle vécue par les jeunes ? Est-il possible de les aider dans cette étape décisive de leur vie ? Les mesures d'accompagnement existantes sont-elles efficaces ? D'après l'auteur de cet ouvrage, qui a choisi d'y consacrer sa thèse de doctorat, trop peu d'études ont été consacrées à ces questions. Ainsi, qu'il s'agisse d'une entrée directe dans la vie active ou du passage préalable par un "apprentissage dual" théorie et pratique, cette "période à la fois riche et délicate du développement personnel, social et professionnel" nécessite, selon lui, une réflexion bien plus approfondie. Constatant le taux inquiétant de rupture d'apprentissage dans son pays, la Suisse, Jonas Masdonati souligne les lacunes auxquelles les jeunes font face dans l'élaboration de programmes d'intervention ou encore le manque de mesures de prévention des situations à risque. L'objectif est de pallier à ces faiblesses, ce à quoi vise cette analyse scindée en trois niveaux: conceptuel (élaboration d'une modèle théorique), opérationnel (intervention pour préparer les jeunes à la transition) et évaluatif (effets à court et à long terme de l'intervention). Limitée à la Suisse, cette étude trace des pistes extensibles à d'autres pays et prouve sans doute aucun qu'il est "possible de préparer les jeunes en situation de risque à préparer la transition".
(TBa)