Bruxelles, 08/09/2008 (Agence Europe) - La Commission européenne a annoncé, dimanche 7 septembre, qu'elle vérifiait les allégations d'un quotidien britannique selon lequel un haut fonctionnaire de l'UE, un directeur à la DG Commerce, aurait fourni des informations sensibles à des journalistes se faisant passer pour des représentants d'un groupe de pression.
Le Sunday Times a affirmé le même jour détenir un enregistrement d'un assistant du commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, révélant des informations confidentielles à des journalistes qui lui ont proposé de l'argent d'un homme d'affaires chinois à la recherche de ce type d'informations. Le journal affirme que le fonctionnaire a envisagé la possibilité de recevoir cet argent ou de travailler avec l'homme d'affaires mais qu'il y a finalement renoncé. Le Sunday Times ajoute que l'attitude du fonctionnaire est contraire aux règles de l'UE qui exige de son personnel qu'il « s'abstienne de révéler des informations confidentielles qu'ils ont eu à connaître dans le cadre de leurs fonctions ». Ce fonctionnaire aurait révélé des informations confidentielles, notamment des éléments sur des décisions que M. Mandelson s'apprête à prendre en matière de politique anti-dumping envers la Chine.
La Commission veut en savoir plus. Elle a donc annoncé l'ouverture d'une enquête pour tenter d'établir les faits et en tirer les conséquences. La Commission a précisé que le fonctionnaire impliqué est en congé, mais que cela n'empêche pas de l'interroger. La Commission a demandé au Sunday Times de lui fournir tous les enregistrements ou toute autre information se rapportant à l'incident, révélé par le journal après six mois d'enquête.
« La Commission a une politique de tolérance zéro pour tout comportement amoral ou illégal », ajoute le communiqué de la Commission. Elle rappelle toutefois l'obligation de respecter la présomption d'innocence pour les personnes qui font l'objet d'une enquête ou pour les personnes mentionnées dans l'article du Sunday Times.
Dans la foulée, l'Office européen de lutte anti-fraude (Olaf) a décidé, dans l'après-midi de lundi 8 septembre, d'ouvrir sa propre enquête sur les allégations de la presse selon lesquelles un haut fonctionnaire de la Commission a fourni des informations confidentielles à des journalistes se faisant passer pour des lobbyistes. L'Olaf a tenu à rappeler aussi la nécessité de « respecter la présomption d'innocence des personnes faisant l'objet d'une enquête ou d'allégations en cours d'examen ». (L.C.)