Bruxelles, 22/07/2008 (Agence Europe) - Européens et Centraméricains ont conclu, vendredi 18 juillet, la quatrième session des négociations en vue de la signature d'un accord d'association qui liera l'Union européenne à la Communauté des pays d'Amérique centrale (Costa Rica, El Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua, Panama) (voir EUROPE n° 9663). De grandes avancées ont été réalisées sur les volets politiques et de coopération. Sur le volet commercial, des efforts importants doivent encore être accomplis que ce soit sur l'incorporation de produits agricoles sensibles tels que le café ou la banane ou sur le respect des règles d'origine. Maintenant un niveau d'ambition élevé, les partenaires espèrent aboutir à un accord courant 2009.
« Nous voyons la lumière au bout du tunnel », a déclaré Héctor González Urrutia, ambassadeur de la République du Salvador auprès de l'UE, au nom des pays centraméricains. Il s'est félicité « des avancées substantielles » enregistrées sur les volets politiques et de coopération en citant, par exemple, des domaines tels que « les droits humains, la modernisation de l'État, l'État de droit, la justice » et dans une moindre mesure en matière de « développement social et de coopération culturelle ». Rappelant qu'il s'agissait pour les six pays centraméricains de la première véritable expérience de négociations en tant qu'entité régionale, il a loué l'aptitude de ces pays à parler d'« une voix unique ».
Chargé des négociations sur le volet commercial à la Commission européenne, Rupert Schlegelmilch a réitéré l'ambition européenne de parvenir à un accord qui aille au-delà d'une simple consolidation du système de préférences généralisées (SPG+). Pour cela, il conviendra de donner un sérieux coup de pouce à l'accès aux marchés et de regarder aussi du côté des produits sensibles pour les Européens. La récente annonce de la Commission qu'elle soutenait une proposition de réduction des droits de douane imposés par l'UE sur les importations de bananes a été bien accueillie par les Centraméricains (voir EUROPE n° 9706). La question des règles d'origine pose des difficultés à la partie centraméricaine et devra être approfondie. Ce que redoute l'Europe, c'est que des T-shirt chinois transitent en Amérique centrale et arrivent sur le marché européen en bénéficiant des dispositions du futur accord UE/Amérique centrale. Les produits concernés par l'enjeu des règles d'origine sont plus d'origine industrielle qu'agricole. (M.B.)