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Bulletin Quotidien Europe N° 9706
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/climat

La Présidence française appelle le Parlement à favoriser « un accord politique et populaire » sur le paquet Climat/Energie avant les négociations de Poznan

Bruxelles, 17/07/2008 (Agence Europe) - Parvenir à boucler un accord politique interne sur le paquet Climat/Énergie à temps pour permettre à l'UE de défendre une position ambitieuse et crédible à la conférence climatique onusienne de Poznan (Pologne) en décembre 2008, est la priorité de la Présidence française. L'objectif est d'ouvrir la voie à un accord international sur la lutte contre le réchauffement climatique après-2012, à Copenhague, en décembre 2009. Jean-Louis Borloo, ministre français de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire et président en exercice des Conseils Environnement et Énergie, l'a répété jeudi 17 juillet à Bruxelles, devant les membres de la commission temporaire « Climat » du Parlement européen, comme il l'avait souligné le 15 juillet devant les eurodéputés de la commission parlementaire de l'environnement.

« Il n'est pas imaginable d'aller à Poznan et à Copenhague sans avoir d'accord sur le paquet. Cet accord est à notre portée. Si l'Europe des 27 réussit, alors ça devient possible ailleurs », a lancé M. Borloo en rappelant que l'objectif de l'UE est celui d'une réduction de 30% des émissions de gaz à effet de serre en cas d'accord international. Appelant de ses vœux « un accord politique et populaire », il invite « le Parlement européen des peuples à définir les caps pour les 100 années qui viennent », pour une « vision globale » qui permette de sortir des débats fragmentaires de spécialistes sur tel ou tel aspect technique du paquet.

L'intervention de M. Borloo devant la commission climatique, présidée par Guido Sacconi (PSE, italien), a été un plaidoyer pour le maintien de la cohérence et de l'intégrité d'un paquet de mesures inédit qui poursuit deux objectifs: « D'une part, faire en sorte que le 21ème siècle change le fondement énergétique de son développement car nous n'avons pas, sur la planète, les ressources en énergies fossiles suffisantes pour assurer nos besoins et, d'autre part lutter contre le réchauffement climatique ».

Le président en exercice a souligné « l'équilibre subtil » des éléments composant un dispositif complexe, « remarquablement élaboré par la Commission européenne » et qui s'appuie sur le marché pour l'ETS ( le système communautaire d'échange de quotas d'émissions de gaz à effet de serre: NDLR), sur des décisions publiques pour le non-ETS, qui combine la nécessaire poursuite de la croissance pour certains pays de l'UE ayant des efforts plus importants à fournir pour leur transition énergétique vers des économies à faible teneur en carbone et des mécanismes de solidarité et de flexibilité entre les États membres. « C'est la première fois qu'une région du monde décide de passer à l'action. On peut jouer sur la marge des solidarités, mais le paquet ne peut être découpé », a averti M. Borloo en résumant les conclusions du Conseil informel de Saint-Cloud « où chacun des ministres est venu avec ses propres difficultés sur un bout du paquet mais a marqué son accord sur le paquet global » (EUROPE n° 9697).

Qui a respecté Kyoto ?, s'est exclamé Karl-Heinz Florenz (PPE-DE, allemand), rapporteur de la commission climatique qui a plaidé pour une mise en œuvre effective des décisions après Poznan, avec des sanctions à la clé. M. Borloo a répondu que si certains pays n'ont pas respecté Kyoto, c'est « parce que ce n'est pas simple. Il faut des modes opératoires, de l'évaluation et des mécanismes techniques et financiers ». En tout état de cause, « ceux qui n'ont pas respecté Kyoto n'ont pas eu plus de croissance », a-t-il ajouté. À Avril Doyle (PPE-DE, irlandaise), furieuse que la Commission européenne ait reporté à décembre la présentation de sa communication sur la lutte contre la déforestation dans les pays en développement, M. Borloo a dit l'importance qu'attache la Présidence à ce problème tout comme au problème de la dégradation des forêts « liée aux besoins énergétiques locaux ». Répondant à Riitta Myller (PSE, finlandaise) et Avril Doyle qui l'interrogeaient sur les intentions de la Présidence pour rallier la Chine et l'Inde à la cause, avant Poznan,
M. Borloo a estimé que « rallier la Chine à un ETS mondial ne devrait pas être trop difficile. Pour d'autres sujets, il faudra des clauses de rendez-vous ». La stratégie d'approche de ces deux puissances émergentes a débuté pour définir « l'asymptote du supportable pour eux. Ne pas intégrer le critère de la tonne de carbone par habitant ne serait pas acceptable pour eux », a reconnu M. Borloo. Estimant que la Chine a des problèmes plus proches de ceux des États-Unis que de ceux de l'Afrique, le président a ajouté: « Nous voulons réussir un accord avec l'Afrique, avant Poznan ». Les résultats du G8 de Toyako constituent-ils, selon
M. Borloo, une avancée, a demandé Guido Sacconi en parlant de « verre à moitié plein ». Sans conteste oui, a répondu le président du Conseil car si l'on parle uniquement d'un objectif à l'horizon lointain de 2050, « c'est la première fois qu'a été exprimé un niveau de réduction quantifié des émissions ». Le même Guido Sacconi, rapporteur pour la proposition de directive relative à la réduction des émissions de CO2 des voitures neuves particulières, s'était plaint, lors de l'audition de M. Borloo devant la commission de l'environnement, que la Présidence française ait omis, dans son intervention liminaire, de mentionner ce dossier connexe au paquet Climat/Énergie, devant faire, lui aussi l'objet d'un accord avant la fin de l'année. (A.N.)

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