Bruxelles, 18/04/2008 (Agence Europe) - Un groupe de députés européens, mené par le vice-président du groupe socialiste, le Néerlandais Jan Marinus Wiersma, et le socialiste français Benoît Hamon ont signé une motion contre l'utilisation des boîtiers à ultrasons « Mosquito » utilisés pour lutter contre la délinquance des jeunes. Selon ces députés, l'installation de tels boîtiers dans les lieux publics, afin d'éviter les attroupements d'adolescents, sont inacceptables pour deux raisons. D'une part, les ultrasons qu'ils émettent, uniquement audibles par les moins de 25 ans, causent des désagréments auditifs qui pourraient avoir, à la longue, des effets néfastes sur la santé. D'autre part, il s'agit d'un dispositif discriminatoire qui viole les droits fondamentaux des jeunes. « Ils (ces boîtiers) sont vendus et utilisés dans les pays européens malgré le fait qu'il n'existe pas d'étude scientifique indépendante pour mesurer les effets qu'ils pourraient avoir sur la santé. Les effets potentiels sur les bébés sont particulièrement préoccupants », souligne M.Wiersma. Alors que la polémique enfle dans plusieurs Etats membres (l'utilisation des Mosquito existe déjà au Royaume-Uni, qui a lancé le produit, mais aussi aux Pays-Bas, en Belgique et en France), la motion appelle l'Union européenne à se prononcer contre la vente et l'utilisation de ces boîtiers. Si elle parvient à recueillir la moitié des signatures des députés, la motion deviendra alors la position officielle du Parlement. Interpellée il y a deux semaines à ce sujet par le ministre belge de la Jeunesse et ancien député européen Marc Tarabella, qui voulait que l'objet soit intégré au système RAPEX permettant d'informer rapidement les autres membres de l'Union européenne sur un produit jugé dangereux par un pays, la Commission européenne a fait savoir qu'elle n'entendait pas intervenir. « Il semble qu'une telle mesure ne relève pas des compétences de l'Union européenne », a indiqué Helen Kearns, porte-parole de Meglena Kuneva, la commissaire européenne chargée de la protection des consommateurs. La Commission estime qu'il incombe à chaque Etat membre de prendre une telle décision. (I.L.)