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Bulletin Quotidien Europe N° 9646
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/climat

La nouvelle proposition américaine jugée sévèrement par l'UE

Bruxelles, 18/04/2008 (Agence Europe) - Annoncée le 16 avril par George Bush depuis la Maison blanche, la proposition des Etats-Unis de stopper la croissance de leurs émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2025 a fait l'effet d'une douche froide sur la réunion des seize « économies majeures » (Major Economies Meeting) qui s'est achevée le 18 avril, à Paris. Cette troisième session d'un dialogue informel initié par les Etats-Unis en 2007 entre les pays totalisant 80% des émissions mondiales était censée favoriser l'émergence d'un consensus entre pays industrialisés et pays émergents sur la lutte contre le réchauffement climatique au-delà de 2012 et augmenter ainsi les chances de parvenir à un accord global onusien, à Copenhague en décembre 2009.

Comparée à l'objectif contraignant que s'est fixé l'UE d'une réduction unilatérale de 20% de ses émissions à l'horizon 2020 voire de 30% si les autres grandes économies consentent à des efforts comparables dans le cadre d'un accord international, la proposition américaine c'est « peanuts ». Pas étonnant donc, que l'offre américaine ait suscité la déception des Européens, et l'ire des ONG environnementales. Sigmar Gabriel, ministre allemand de l'Environnement a dénoncé un retour en arrière digne de « l'ère de Néandertal ». Plus diplomate, Stavros Dimas, commissaire à l'Environnement, a jugé la proposition tout bonnement « insuffisante » compte tenu de l'urgence d'agir.

Espérant un sursaut des pays émergents, le président français Nicolas Sarkozy leur avait lancé: « vous ne pouvez vouloir les droits des grandes puissances économiques que vous êtes en train de devenir, et vous exonérer de vos devoirs ». Le refus des Etats-Unis de souscrire à tout objectif de réduction a affaibli la portée de cet appel. « Ce qui nous rassemble ici en dépit de tout ce qui nous sépare, c'est que nous sommes à la fois le cœur du problème et une grande partie de la solution », avait déclaré Jean-Pierre Jouyet, Secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, à l'ouverture de cette réunion. Il semble, à l'issue des travaux, que les Etats-Unis, seul pays industrialisé à refuser des objectifs contraignants, soient plus isolés que jamais. «Bush semble être passé à côté du rapport du GIEC, lequel dit sans équivoque que les émissions globales doivent atteindre leur plafond dans les 10 ans au plus tard.10 ans, pas 17 ! » ironise Greenpeace. (A.N.)

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