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Bulletin Quotidien Europe N° 9640
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/bce

Le niveau de l'inflation empêche toute baisse des taux

Bruxelles, 10/04/2008 (Agence Europe) - La Banque centrale européenne (BCE) a décidé, jeudi 10 avril, de maintenir les taux d'intérêt de la zone euro à leurs niveaux respectifs. Le taux de soumission minimal appliqué aux opérations principales de refinancement ainsi que les taux d'intérêt de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt demeureront inchangés, à respectivement 4 %, 5 % et 3 %. En présence de « fortes pressions inflationnistes à court terme » et face à des risques haussiers importants liés aux prix pétroliers et des produits alimentaires, la BCE n'a pas le choix, a indiqué son président. « Maintenir la stabilité des prix à moyen terme est notre objectif premier conformément à notre mandat », a rappelé Jean-Claude Trichet à l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs qui s'est prononcé à l'unanimité pour le statu quo. Il ajoute: « L'ancrage ferme des anticipations inflationnistes à moyen et plus long terme est la plus haute priorité du Conseil des gouverneurs, aucune complaisance n'étant envisageable à cet égard ». Mettant en garde contre les effets de second tour et la matérialisation des risques, la BCE continuera de suivre de « très près » tous les développements à venir, a-t-il encore prévenu.

Les fondamentaux économiques de la zone euro sont globalement solides, ils ne souffrent pas de déséquilibres majeurs, mais l'incertitude pour la croissance reste élevée et les risques de révision à la baisse des prévisions prévalent. Les turbulences sur les marchés financiers pourraient surtout être plus longues et avoir un effet plus important que prévu initialement sur l'économie réelle. Pour le Fonds monétaire international (FMI), l'activité économique de la zone euro devrait ralentir en 2008 et 2009 et la BCE devrait en tenir compte. Selon les prévisions présentées à la presse mercredi 9 avril, le FMI considère que la croissance des Quinze devrait péniblement atteindre 1,3% cette année (1,8% en Espagne, 1,4% en Allemagne et en France, 0,3% en Italie notamment). Dans le même temps, il table sur une hausse des prix de 2,8% en 2008, mais il entrevoit un retour de l'inflation à 1,9% en 2009. Ainsi, avec des perspectives de croissance de plus en plus négatives et des anticipations d'inflation à nouveau sous les 2%, « la BCE peut se permettre d'assouplir sa politique monétaire », avait même estimé le FMI à la veille de la réunion du Conseil des gouverneurs. Une recommandation qui n'a pas pesé lourd face aux pressions inflationnistes toujours identifiées par la BCE. En mars, les prévisions des services de la BCE s'étaient révélées un peu moins pessimistes que celles du FMI pour la croissance (les fourchettes de croissance s'établissaient entre 1,3% et 2,1% pour 2008 et entre 1,3% et 2,3% pour 2009), mais sensiblement plus élevées pour le niveau des prix (entre 2,6% et 3,2% cette année et entre 1,5% et 2,7% en 2009).

Depuis la dernière réunion, le constat est resté le même. En mars, le niveau des prix à la consommation a augmenté de 3,5% sur un an et il « devrait rester significativement au dessus de 2% dans les prochains mois, ne ralentissant que progressivement dans le courant de 2008 », a répété M. Trichet. « Nous connaissons une période plutôt prolongée de taux d'inflation temporairement élevé », a-t-il ajouté. Parmi les risques pour la stabilité des prix, les comportements de fixation des prix et des salaires risquent d'accroître les pressions inflationnistes. Les effets de second tour « doivent être évités », a encore martelé le président de la BCE, qui appelle à nouveau les partenaires sociaux à la responsabilité. Enfin, le Conseil des gouverneurs est particulièrement préoccupé par l'existence de mécanismes automatiques d'indexation des salaires sur les prix (lorsque les prix d'un panier de produits dépassent un seuil, les salaires sont automatiquement ajustés). De tels mécanismes risquent de générer une spirale inflationniste prix-salaire et doivent donc être éliminés, selon M. Trichet. La Belgique et le Luxembourg, les deux seuls pays à recourir à ces mécanismes, n'ont en revanche pas l'intention d'y renoncer au moment où le débat sur le pouvoir d'achat fait rage, ont déjà fait savoir leurs Premier ministres respectifs. (A.B.)

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