Brdo, 07/04/2008 (Agence Europe) - Les ministres des Finance de l'UE ont fait le point, vendredi 4 avril, sur l'évolution de la feuille de route pour l'amélioration de la stabilité financière adoptée en octobre 2007 (EUROPE n° 9519). « Nous sommes sur la bonne voie pour réaliser nos objectifs d'ici fin 2008 », s'est félicité le ministre slovène des Finances Andrej Bajuk, en reprenant à son compte les éléments de progrès détaillés pour chacun des quatre axes de la feuille de route (transparence, évaluation des actifs, règles prudentielles et gestion du risque et fonctionnement des marchés) dans un récent document du Comité économique et financier (EUROPE n° 9636). Les répercussions des turbulences financières vont « nous occuper au cours de 2008, mais je recommande de ne pas devenir trop hystérique à ce propos », a déclaré à son arrivée à Brdo, Peer Steinbrück, le ministre des Finances allemand. Une impression confirmée par son homologue italien Tommaso Padoa-Schioppa, à l'issue de l'informelle Ecofin du 5 avril ; selon lui, « il y a le sentiment clair que le pire n'est pas encore passé, ni en ce qui concerne la crise financière, ni à propos des baisses successives des prévisions de croissance ». Depuis le déclenchement des turbulences en août 2007, des effets négatifs ont en effet commencé à se faire sentir pour l'économie réelle et les tensions sur le marché interbancaire ont à nouveau augmenté depuis la fin février, souligne une déclaration commune des ministres et des gouverneurs des banques centrales. Adopté après la réunion informelle de Brdo en Slovénie, ce document précise que les banques centrales ont réagi promptement en fournissant les liquidités nécessaires.
Dans le domaine de la transparence, ils ont encore appelé les institutions financières à dévoiler de manière immédiate et complète leurs pertes et leur exposition aux actifs financiers dépréciés. Ils ont aussi estimé que si les propositions de l'industrie bancaire et de la titrisation sur les produits structurés, qui sont attendues pour juin, s'avéraient insuffisantes, il faudrait les compléter par des actions règlementaires. Par ailleurs, le Conseil Ecofin reviendra avant l'été sur le rôle des agences de notation en matière de notation des produits structurés, à propos duquel la Commission fera une évaluation d'ici juillet prochain. Et de préciser que si les solutions du marché se révélaient inadéquates, les ministres se tenaient prêts à envisager des alternatives règlementaires. (A.B.)