Bruxelles, 18/03/2008 (Agence Europe) - L'UE est « profondément préoccupée » par la situation au Tibet où, ces derniers jours, des manifestations ont été violemment réprimées par les autorités chinoises, faisant de nombreuses victimes. Dans une déclaration publiée le 17 mars, l'UE demande aux deux parties de faire preuve de « retenue » et appelle la Chine à « s'abstenir de tout recours à la force contre les personnes impliquées dans les troubles ». Dans la même déclaration, publiée par la Présidence slovène de l'UE, les 27 rappellent l'importance qu'ils attachent à la liberté d'expression et au droit d'organiser des manifestations pacifiques. Ils appellent aussi les autorités chinoises « à répondre aux manifestations d'une manière qui soit compatible avec les principes démocratiques internationalement reconnus » et plaident pour une « réconciliation pacifique » entre Pékin et le Dalaï Lama. « L'UE encourage les deux parties à entamer un dialogue substantiel et constructif en vue de parvenir à une solution durable, acceptable pour tous et qui respecte entièrement la culture, la religion et l'identité tibétaines », conclut l'UE.
Si les ministres du Sport de l'UE refusent catégoriquement d'envisager un boycott des Jeux olympiques de Pékin de cette année pour protester contre la répression chinoise au Tibet (voir autre nouvelle, p.9), le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, estime pour sa part que cette hypothèse ne doit pas être exclue d'emblée. Les dirigeants, qui ont prévu d'assister à la cérémonie d'ouverture des Jeux en août, doivent s'interroger sur leur présence, a-t-il déclaré le 18 mars au Deutschlandfunk. « Il est prématuré de dire comment les choses vont se terminer mais il faut continuer à envisager toutes les options (…) Nous ne pouvons pas accepter ce qui se passe au Tibet. Les Chinois doivent comprendre cela (…) Nous devons adresser un signal à Pékin », estime M. Pöttering. La Commission européenne ne veut pas entendre d'un boycott des Jeux. « Ce ne serait pas le moyen approprié » pour exprimer nos préoccupations à propos des droits de l'Homme au Tibet, a estimé la porte-parole de la commissaire aux relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner. (H.B.)