Bruxelles, 20/02/2008 (Agence Europe) - Comment la politique de cohésion pour 2007-2013 peut-elle contribuer au développement des énergies renouvelables et à l'amélioration de l'efficacité énergétique dans les régions européennes ? C'est ce qu'a expliqué la commissaire à la politique régionale Danuta Hübner mercredi 20 février à la presse, après l'adoption du paquet « énergie/climat » par la Commission européenne, le 23 janvier dernier (EUROPE n° 9586). Les investissements seront supérieurs pour la période mentionnée et le rôle des régions en tant qu'acteurs clés gagnera en importance, car ces dernières sont les mieux placées pour répondre rapidement aux défis technologiques actuels. De nombreuses régions sont pionnières en la matière, notamment les régions périphériques, a noté Mme Hübner.
Entre 2007 et 2013, la Commission va investir à hauteur de 9 milliards d'euros dans des projets relatifs à l'énergie: 4,8 milliards pour les énergies renouvelables et 4,2 milliards pour l'efficacité énergétique (surtout dans les logements) et pour des mesures de gestion de l'énergie, a rappelé Danuta Hübner. 54% de l'enveloppe totale seront investis à hauteur de 20% dans la biomasse, 12% dans l'énergie solaire, 13% dans l'énergie géothermique, hydroélectrique et autre et 9% dans l'énergie éolienne. Les 46% restants seront investis dans l'efficacité énergétique. Cela signifie que, pour les régions relevant de la convergence, on va investir 5 fois plus entre 2007 et 2013 qu'actuellement. Pour celles relevant de la compétitivité, 7 fois plus, a-t-elle ajouté. 63,8 milliards seront investis pour aider la recherche et le développement, dont une part significative en faveur de projets qui encouragent la recherche en matière d'énergies renouvelables. « Nous avons de très bons exemples partout en Europe de projets porteurs en cours depuis un certain temps dans la plupart des 27 Etats membres de l'UE et nous avons décidé de reprendre ceux concernant l'efficacité énergétique et l'énergie renouvelable», a commenté Mme Hübner. Le 25 février, certains projets recevront le prix des RegioStars 2008, lors de la conférence annuelle de la Commission sur « les régions actrices du changement économique » (EUROPE n° 9605), a rappelé la commissaire. Mme Hübner a aussi cité des cas qui peuvent servir d'exemples à d'autres régions: la France et son engagement pour une économie faible en carbone, l'Italie et sa volonté de développer de nouvelles solutions en matière énergétique, l'île de Samsoe (Danemark) pionnière en efficacité énergétique, le réseau de régions « energy 4 cohesion projects », etc.
A la question de savoir si ses services avaient pu identifier, pour la prochaine période de programmation, l'impact de toutes ces données sur la croissance et l'emploi, la commissaire a estimé que « l'impact sur la croissance et sur l'emploi est sérieux ». Elle a mis en exergue « l'effet de levier considérable » des investissements supplémentaires: « on parle de 10 milliards d'euros, c'est le double de ce que l'on a ! ». En Pologne, le défi est celui de « la production d'électricité qui repose à 90% sur le charbon », a aussi précisé Mme Hübner. La commissaire a fait part de la décision « d'y injecter plus d'1 milliard d'euros dans les énergies renouvelables et dans le secteur de l'efficacité énergétique, la plus grande partie via la biomasse et l'énergie éolienne ». Rappelant que ce sont là des « investissements neufs » pour certains Etats membres, elle a espéré « que dans les années à venir, cet effet de levier sera encore plus important ».
Par ailleurs, Mme Hübner a expliqué qu'en allant dans les régions, on constatait que la contribution européenne est plus élevée: « elle dépasse de 10% à 15% ce que la région a sous la main ». Sur les 63,8 milliards qui seront investis en 7 ans dans la recherche et le développement, une bonne partie sera consacrée à l'énergie. « La fonction de levier est donc très importante », a insisté la commissaire.
A la question de savoir si la Commission a calculé l'impact du CO2 et si elle veut l'introduire comme critère dans les futures évaluations, Danuta Hübner a déclaré: « le programme de 9 milliards d'euros, c'est justement la baisse du CO2. A l'avenir, il faudra sans aucun doute revoir tous les investissements. Il faut être plus systématique ». Comment ce sujet influencera-t-il le prochain budget ? « C'est une priorité nouvelle qui imposera plus d'investissements au niveau national et de modifications dans les schémas d'investissements. Mais je ne sais pas quelle en sera l'influence sur le budget ». Comment s'attaquer à ce défi ? «Par la sectorialisation des politiques ou en travaillant de manière plus moderne, c'est-à-dire par une approche intégrée ? On ne peut pas s'attaquer au CO2 si on n'investit pas dans des politiques de transport durables », a souligné la commissaire.
A propos des prix RegioStars, Mme Hübner a précisé que 70 projets ont été présentés par les régions, 26 ayant été retenus sur la liste restreinte. Seuls cinq pays se verront attribués le prix RegioStars 2008: Royaume-Uni, Grèce, Allemagne, Portugal et France. (G.B.)