L'Europe doit encourager davantage les PME à réaliser leurs objectifs de croissance, selon Businesseurope - Businesseurope, association qui représente le patronat européen à Bruxelles, a publié le 21 novembre une étude consacrée aux petites et moyennes entreprises qui emploient environ deux tiers des Européens actifs. Intitulée « SME Action Day: Thinking Big ! », cette étude se base sur les résultats d'un sondage mené par le cabinet d'audit KPMG auprès de 840 entreprises de toute l'Europe. Selon l'étude, une petite et moyenne entreprise sur deux a des objectifs de croissance ambitieux et a l'intention d'augmenter son chiffre d'affaires de plus de 10% au cours des trois à cinq ans à venir. Plus particulièrement: 30% des PME veulent l'augmenter entre 11% et 20%, et une sur cinq veut atteindre un taux de croissance de plus de 20%. En même temps, la moitié des PME sont pessimistes pour l'avenir, prévoyant une croissance de moins de 10%. Un cinquième d'entre elles prévoient une croissance inférieure à 5%. Par ailleurs, la croissance interne (développement de nouveaux produits et de services, expansion vers de nouveaux marchés nationaux et étrangers) est perçue comme étant de loin plus importante que la croissance externe (création de sociétés communes, de fusions ou d'acquisitions). Les taxes et les charges administratives sont toujours citées par les PME comme étant le principal obstacle à leur développement alors que plus de 80% d'entre elles plaident pour plus de flexibilité en matière de droit du travail. En matière de R&D, une PME sur cinq déclare bénéficier d'une aide financière, régionale ou nationale plutôt qu'européenne. La plupart d'entre elles consacrent un quart de leurs activités à des activités de R&D, soit plus qu'aux Etats-Unis (14,1%) et au Japon (7%), bien que les dépenses en matière de R&D représentent seulement 1,23% du PIB en Europe contre 2,36% au Japon et 1,78% aux Etats-Unis. Le système de licence, plus onéreux en Europe qu'aux Etats-Unis et au Japon, pénalise d'autre part les PME. Par exemple, une licence européenne renouvelable pour vingt ans dans trois pays coûte approximativement 43 000 euros contre 15 500 ou 17 300 pour une licence américaine ou japonaise. En matière de globalisation, la moitié des PME restent centrées sur le marché national tandis que l'autre moitié des PME jugent important d'exercer dans l'ensemble de l'Union européenne. Un tiers des entreprises estiment important d'étendre leurs activités au-delà des frontières européennes. Si 69% d'entre elles opèrent déjà ou vont opérer sur le marché européen, 44% pensent que l'Europe devrait offrir davantage d'instruments ou de politiques pour favoriser leur internationalisation au-delà des frontières européennes. Environ 40% considèrent avoir un accès limité à l'information leur permettant d'exercer leurs activités à l'étranger et la plupart citent les conditions fiscales et les restrictions réglementaires comme étant les obstacles principaux à l'exercice de leurs activités sur le territoire européen. Les barrières tarifaires et non tarifaires sont les principaux obstacles cités par la moitié des entreprises désireuses de s'internationaliser. Enfin, un cinquième des PME ont des sites de fabrication à l'étranger ou ont l'intention d'en avoir. Des coûts de production inférieurs ne sont qu'une raison parmi d'autres expliquant cette diversification, au même titre que la proximité de la clientèle et la présence de marchés à croissance rapide. Un environnement fiscal plus favorable et des coûts administratifs plus bas sont également jugés importants. A propos des dispositions réglementaires plus strictes en faveur de l'environnement, une PME sur deux pense que la mise en conformité avec des standards plus stricts est un stimulant pour atteindre une plus grande efficacité énergétique et améliorer leur image. Une entreprise sur deux considère également ces nouvelles obligations comme un incitant pour l'innovation de leurs produits. Un tiers des entreprises estiment être affectées négativement par ces règles plus strictes et pensent qu'elles les rendent moins compétitives que leurs consoeurs non européennes. Deux tiers d'entre elles voudraient plus d'accompagnement pour les aider à réaliser les objectifs environnementaux comme une réduction des obligations administratives, un soutien financier et des expertises gratuites. Plus de la moitié d'entre elles plaident pour plus d'autorégulation. (I.L.)