Bruxelles, 27/11/2007 (Agence Europe) - Il sera difficile pour le gouvernement polonais de communiquer la date exacte de l'entrée de la Pologne dans la zone euro avant l'adoption du budget 2008, le 25 janvier prochain. Jusqu'à présent, le ministre des Finances Jacek Rostowski a présenté, samedi 24 novembre, le nouveau projet de budget 2008 (la version préparée par le gouvernement précédent avait été critiquée par la Commission européenne) et les priorités économiques du nouveau gouvernement. Parmi celles-ci: l'équilibre budgétaire, la réduction de la dette publique ainsi que l'introduction de l'euro. Sur ce dernier point, le ministre, qui est considéré comme un grand défenseur du passage rapide à la monnaie unique, estime que l'entrée dans la zone euro contribuera à une croissance économique durable mais ne sera pas réalisable avant la fin de la législature, laquelle se termine en 2011. Selon le ministère des Finances, la Pologne devra en revanche remplir tous les critères nécessaires et adhérer au nouveau mécanisme de taux de change (MTC 2) encore sous l'actuelle législature.
« Remplacer le zloty par l'euro dépasse le mandat d'une seule législature », a déclaré M. Rostowski, ajoutant que « cet objectif devrait être réalisé le plus vite possible, mais de façon à garantir le maximum d'avantages ». Il a dit toutefois que jusqu'à cette date, c'est-à-dire 2011, le gouvernement tentera de réduire le ratio dette publique/PIB de 4 à 7 points de pourcentage, en guise de préparation à l'adoption de l'euro. Selon les membres de la Plateforme civique actuellement au pouvoir (et en coalition avec le parti agraire PSL), le gouvernement polonais pourrait envisager l'adoption de l'euro en 2012 (la date qui coïncidera avec l'organisation par la Pologne des championnats européens de football), mais seulement à condition que cette décision soit justifiée économiquement car elle nécessitera un énorme effort, et tout dépendra des coûts estimés liés à l'introduction de l'euro. Selon le Premier ministre Donald Tusk, cette adoption de l'euro doit être « sûre pour l'économie » et bonne pour « le coût de la vie des simples citoyens ». Lors de son discours présentant le programme du nouveau gouvernement (voir EUROPE n° 9550), il avait tenu à réaffirmer qu'il est « de l'intérêt de nous tous (…) d'être préparés le plus vite possible à ce basculement vers l'euro ». Samedi, après le vote de confiance accordé au gouvernement, M. Tusk s'est prononcé également en faveur d'une décision sur le passage à l'euro par la voie parlementaire et non par référendum. « Je déconseille de raisonner selon l'optique référendaire », a-t-il dit avant de proposer « de préparer et de trancher dans cette Chambre (…) ou (…) dans la Chambre suivante ». Les sources du ministère des Finances estiment toutefois que d'ici 2011, la Pologne sera capable de remplir tous les critères nécessaires pour l'adoption de la monnaie unique et que l'adhésion au MTC2 aura lieu également sous cette législature.
Le projet de budget a été préparé par le gouvernement conservateur de Jaroslaw Kaczynski et prévoyait un déficit budgétaire de 29 milliards de zlotys (7,8 milliards d'euros environ) pour 2008. Le gouvernement de
M. Tusk, très critique par rapport au projet précédent, veut réduire ce déficit de 1 à 1,5 milliard de zlotys (0,2 à 0,4 milliard d'euros) jusqu'à environ 27 milliards de zlotys (7,3 milliards d'euros). Le Parlement doit jusqu'à la fin de janvier revoir, et adopter, les amendements proposés par le nouveau gouvernement, après quoi le budget sera soumis (le 25 janvier) à l'approbation du président polonais Lech Kaczynski. (A.By.)