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Bulletin Quotidien Europe N° 9536
Sommaire Publication complète Par article 35 / 36
SUPPLEMENT HEBDOMADAIRE / Bibliothèque européenne

N° 753

*** ANDREW COTTEY: Security in the New Europe. Palgrave Macmillan (Houndmills, Basingstoke, Hampshire RG21 6XS, England. Tél.: (44-1256) 329242 - fax: 842084 - Courriel: bookenquiries@palgrave.com - Internet: http://www.palgrave.com ). Collection "The New Europe Series". 2007, 258 p., 55 £. ISBN 978-1-4039-8648-1.

Les espoirs d'une nouvelle ère de paix et de stabilité accrues pour l'ensemble de la planète au sortir de la guerre froide - la "fin de l'histoire", comme ont cru pouvoir l'annoncer certains - ont rapidement fondu. De fait, c'est plutôt l'inverse qui s'est produit et les mots "sécurité" et "insécurité" résonnent de manière lancinante dans les discours et se sont, comme le souligne Andrew Cottey, propagés à de nombreuses autres dimensions de la société. En laissant de côté le sentiment d'insécurité et son exploitation, il est vrai que le monde - avec l'Union et les pays qui la composent - se trouve confronté à toute une série de menaces dont certaines ont un caractère relativement nouveau et pour lesquelles les Etats comme les institutions internationales ont désormais à formuler des réponses novatrices.

L'ouvrage décrit dans un premier temps comment l'Europe est passée d'un continent dont les pays considéraient leurs voisins comme la première source de menace à une communauté de sécurité, un "groupe d'Etats entre lesquels la guerre et l'usage de la force sont devenus extrêmement peu probables, si pas impossible". Toutefois, si le processus d'intégration amorcé en Europe de l'ouest mais dorénavant étendu à l'Europe centrale et occidentale a survécu à la menace soviétique à laquelle il était destiné à répondre, il doit dorénavant répondre à d'autres types de menaces. L'auteur explique donc comment l'Europe doit dorénavant faire face de manière croissante aux défis sécuritaires qui se présentent à l'échelle globale, un rôle pour lequel elle n'est pas encore tout à fait outillée mais qu'elle aura de plus en plus à assumer. Cependant, avant d'esquisser les réponses à ces nouveaux défis, il convient de les cerner avec précision car, comme le montre l'ouvrage, ils sont pour le moins multiformes et se fondent bien souvent dans un tissu de causes et de conséquences desquels il n'est pas toujours aisé de les faire ressortir.

Andrew Cottey dresse ainsi le tableau tant des "hard security questions" que de celles qualifiées de "soft", c'est-à-dire celles qui s'écartent de la menace armée traditionnelle mais qui peuvent toutefois représenter une menace physique directe ou pour la stabilité des sociétés, comme par exemple les dégradations environnementales, la propagation de certaines maladies, les pressions migratoires ou encore la polarisation économique tant au niveau mondial qu'au sein des pays. Cet ouvrage s'attelle donc, dans un premier temps, à identifier ces menaces mais aussi les politiques qui doivent y répondre. Chose difficile car, en plus du fait qu'elles dépendent d'une identification correcte des menaces qui est loin d'être aisée, le "problème d'évaluer les réactions probables des autres à nos propres actions multiplie les incertitudes inhérentes à la prise de décision en matière de politique de sécurité". Cela rejoint d'ailleurs l'étude de la ligne générale de l'Union européenne en tant qu'acteur global présente dans ce volume. Car, comme le souligne l'auteur, si la donne mondiale a changé et si l'Europe y joue un rôle croissant, ce n'est pas spécialement de par sa puissance militaire - qui, bien qu'encore assez fragmentée et souvent insuffisante pour étayer les rôles que l'Union s'est assignés, n'est pas négligeable pour autant - mais plutôt de par la méthode multilatérale qu'elle privilégie et ses efforts à recourir à la "puissance douce" pour rencontrer les "nouvelles" menaces. Cette prédilection pour le multilatéral contraste avec la politique suivie par d'autres acteurs mondiaux, la superpuissance américaine en tête. Bien entendu, la question des tensions sur le lien transatlantique - provoquées notamment par les réponses américaines aux attentats du 11 septembre et l'intervention en Irak - est étudiée de près dans ces pages, mais l'auteur montre aussi que la Russie, héritière de l'autre pôle de la guerre froide, demeure un facteur de poids et, pour l'Union, un voisin avec lequel elle aura encore à composer, de manière pas toujours très confortable, dans les années qui viennent. Le livre consacre encore des chapitres à l'approfondissement de certains traits saillants contemporains comme le risque de prolifération des armes de destruction massive, le "nouveau terrorisme" et la "guerre contre la terreur".

L'un dans l'autre, cet ouvrage met à plat la question complexe de la sécurité en Europe et fait ressortir de manière claire et pondérée ses différentes facettes tout en prenant soin, justement, de ne pas dissocier artificiellement les différents tenants et aboutissants. Il concerne donc ceux qui s'intéressent aux réponses européennes au nouveau contexte sécuritaire global mais pas uniquement car, comme l'écrit Andrew Cottey, cela "est lié à la question plus large du rôle que l'Europe (ou peut être plus précisément les Européens, puisque l'Europe vient sous plusieurs formes) peut et devrait jouer dans le monde et, de fait, à l'identité européenne et à ce que cela signifie d'être européen".

Frederik Ronse

*** ANDREA K. RIEMER: The International Order at the Beginning of the 21st Century. Theoretical Considerations. Peter Lang (1 Moostrasse, CH-2542 Pieterlen. Tél.: (41-32) 3761717 - fax: 3761727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.de ). Collection "ISS - International Security Studies", n° 4. 2007, 249 p., 42,50 €. ISBN 978-3-631-55937-6.

Après quinze années dédiées à des travaux sur l'ordre international, Andrea K. Riemer cherche, dans cet ouvrage, à donner "une base aux considérations théoriques sur l'ordre international au début du 21ème siècle". Convaincue de la nécessité d'une approche multidisciplinaire et consciente du fait qu'une "formule universelle est hors d'atteinte", elle part de l'idée que les changements sociaux n'arrivent pas du jour au lendemain, mais qu'ils sont annoncés par une série de signaux. Ainsi, les changements post-11 septembre, caractérisés par l'émergence de nouveaux enjeux et acteurs sur la scène internationale, étaient, selon elle, prévisibles. Outre l'analyse de l'ordre international actuel, cette recherche décrypte les changements de celui-ci, passés ou potentiels, et s'attarde sur les "signaux" et les réactions à ceux-ci. Un travail pointu mêlant relations internationales, histoire, sociologie de l'histoire et sciences politiques.

(TBa)

*** FLORENCE AUTRET: L'Amérique à Bruxelles. Editions du Seuil (27 rue Jacob, Paris VIe. Internet: http://www.seuil.com ). 2007, 237 p., 18 €. ISBN 978-2-02-083717-0.

Dans cet ouvrage de journaliste, au style vif et dynamique, truffé d'informations et d'anecdotes à la fois précises et corrosives (y compris pour certaines idées reçues), Florence Autret, bien connue dans le microcosme des correspondants accrédités auprès des institutions européennes à Bruxelles, explore une dialectique qu'elle qualifie de "méconnue", alors qu'elle est, à ses yeux, décisive pour l'Europe. L'affirmation récente d'un "pouvoir européen confédéral à Bruxelles" et, plus largement, l'émergence de l'Union européenne comme puissance politique et réglementaire découlent, selon l'auteure, d'une "dialectique atlantique" permanente tout au long d'une "spirale historique où alternent les figures de l'entente, de la subordination et de la concurrence". Et cette spirale conduirait au "rapprochement inexorable des continents européen et américain", tant il est vrai que le "concept flou de mondialisation" prend tout son sel et son sens avec le "marché transatlantique" qui représente aujourd'hui quelque 60% du PIB mondial. Cette hypothèse de travail, l'auteure s'emploie à en démontrer toute la pertinence en instruisant le dossier à charge et à décharge. Dans une première partie, elle rappelle certains des fondements de "l'alliance": des entreprises américaines qui, selon la patronne de l'AmCham, Maja Wessels, se considèrent comme "les vraies entreprises européennes" (propos que Florence Autret fait sien en expliquant: "Pour un Américain, l'Europe est étrangère, mais il le sait d'entrée de jeu. Pour un Européen, elle est étrange, mais il peut mettre très longtemps à s'en rendre compte") ; les origines atlantiques de l'Europe avec la Ceca qui aurait moins été un deal franco-allemand que germano-américain, cela même si Washington a fini par perdre le contrôle du projet européen ; une intégration économique comme contrepartie de la protection militaire… Dans un deuxième temps, l'auteure s'intéresse à "l'invention du lobbying européen" après l'apparition de "l'iceberg Philip Morris", réservant quelques pages aussi bien senties que documentées à ce sujet qui devient sa spécialité (elle lui avait déjà consacré un ouvrage intitulé "Les Manipulateurs, le pouvoir des lobbys"). Dans le chapitre intitulé "l'Europe face au capitalisme mondialisé", c'est la montée en puissance de la Commission en tant que régulatrice de la concurrence qui est contée par le menu, le "cas d'école" Microsoft étant particulièrement détaillé. L'Europe en tant que "puissance normative" est ensuite examinée à la lumière, entre autres, des résistances américaines à Reach et de l'action de "l'ami des entreprises" qu'est le commissaire Verheugen. Florence Autret s'attarde enfin sur "l'exception Galileo" en quelques pages qui ne manquent pas d'apporter un éclairage oblique sur les actuels problèmes budgétaires que rencontre ce projet censé marquer la volonté d'autonomie de l'Union par rapport à Washington. L'auteure montre enfin que même les pulsions sécuritaires américaines nées du 11 septembre ont eu pour effet paradoxal de contribuer au renforcement du pouvoir européen, sa conclusion étant que "le seul intérêt immédiat et vital de l'Europe" est aujourd'hui "la sauvegarde de son autonomie de décision", l'hégémonie américaine n'ayant pu se déployer, après tout, que grâce au "vide laissé par les désaccords entre Européens".

(MT)

*** BERND VON HOFFMANN (sous la dir. de): Global Governance. Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection "Legal policy Symposium", n° 2. 2004, 199 p., 36,40 €. ISBN 978-3-631-52770-5.

Bernd von Hoffmann enseigne depuis 1979 le droit privé international et comparatif à l'Université de Trier et siège au sein du comité de direction de son Institut de politique juridique. C'est à lui qu'a été dévolue la tâche de coordonner cet ouvrage, issu du deuxième atelier tenu par cet Institut et dont l'objet était de faire le point sur la gouvernance globale, ses acteurs et ses outils, à un moment où celle-ci subissait de brusques pressions transformatrices, comme l'intervention américaine en Irak. Cette dernière ne manque pas d'évoquer le rôle des Nations unies et l'unilatéralisme contre le multilatéralisme, Michael J. Glennon avançant que ces deux modes se renforcent souvent mutuellement au lieu de s'opposer. Ces deux thèmes sont présents, même si la question de l'unilatéralisme contre le multilatéralisme apparaît plutôt en filigrane ou dans les retranscriptions des discussions qui ont suivi la présentation des contributions lors de l'atelier, alors que les Nations unies font directement l'objet de deux apports spécifiques. Le premier se penche sur la pertinence des Nations unies, Michael J. Glennon y rappelant au passage que si de nombreux systèmes de validation (de l'usage de la force) sont mis en avant dans l'ambiance de rhétorique moraliste actuelle, "seule la loi est réellement universelle". Une autre contribution s'intéresse plus généralement aux adaptations de l'Onu en tant qu'acteur global dans le contexte de mondialisation.

Toutefois, le livre ne se limite pas à ces questions et s'ouvre d'ailleurs sur une contribution - structurée comme un syllabus - décrivant les perspectives européennes sur le statut du droit public international. Pour sa part, Hans W. Maull étudie les liens entre la mondialisation, les politiques et les Etats, soulignant d'ailleurs que "le noyau de la mondialisation est un projet politique". De plus, la gouvernance est aussi une question économique. Ainsi, Angelika Pohlenz plaide pour l'établissement de règles internationales pour le commerce international et présente également les outils de standardisation qui existent déjà. La dernière partie du livre, "Global Development Policy", se penche sur le rôle de l'OMC (qui n'est pas une agence de développement mais y participe indirectement en visant à l'accroissement des richesses) dans les politiques de développement et passe en revue les résultats d'une évaluation par la Banque mondiale de la gouvernance d'entreprise dans vingt-huit pays ("corporate governance", à prendre ici dans le sens "des moyens par lesquels les droits des fournisseurs de capitaux aux entreprises sont protégés afin de recevoir un juste retour" sur investissement. Pour sa part, El-Shagi El Shagi apporte des éléments de réponse à la question "La mondialisation est-elle nuisible aux pays en développement ?"

(FRo)

*** ANNE HAMONIC: L'Union européenne à l'ONU. Perspectives ouvertes par le Traité constitutionnel. Editions Apogée (11 rue du Noyer, F-35000 Rennes. Tél.: (33-2) 99324595 - fax: 99324598 - Courriel: apogee.rennes@wanadoo.fr - Internet: http://www.editions-apogee.com ). Collection "Publications du Centre d'excellence Jean Monnet Universités Rennes I". 2007, 160 p., 19 €. ISBN 978-2-84398-191-3.

Issu d'un mémoire de 3e cycle, cet ouvrage offre une évaluation pointue des innovations proposées par le traité constitutionnel au regard de l'objectif officiel de faire de l'Union un acteur international présent et influent au sein de l'Organisation des Nations unies. Saluant certaines avancées engrangées dans le traité constitutionnel - et qui devraient subsister dans le probable "Traité de Lisbonne" - comme l'octroi de la personnalité juridique à l'Union, Anne Hamonic juge que la pusillanimité reste au rendez-vous lorsqu'il s'est agi d'envisager pour l'Union un statut plus efficient à l'Onu ou d'améliorer les modalités de détermination et de défense de ses positions afin de rendre ses messages plus audibles au sein de l'enceinte universelle. Une analyse à la fois précise, critique et engagée qui constitue un apport très utile.

(PBo)

*** JEAN-PAUL MARTHOZ (sous la dir. de): Où va l'Amérique latine ? Tour d'horizon d'un continent en pleine mutation. Editions Complexe (24 rue de Bosnie, B-1060 Bruxelles) et Editions GRIP (33 rue Van Hoorde, B-1030 Bruxelles. Tél.: (32-2) 2418420 - fax: 2451933 - Courriel: admi@grop.org - Internet: http://www.grip.org ). Collection "Les livres du GRIP", n° 290-291. 2007, 128 p., 11,90 €. ISBN 978-2-8048-0139-7.

Depuis près de dix ans, l'Amérique latine subit une véritable révolution politique, souvent qualifiée, à tort ou à raison, de "virage à gauche". Sous la direction du journaliste Jean-Paul Marthoz, directeur éditorial de la revue Enjeux Internationaux, cet ouvrage revient sur les causes profondes de cette mutation et examine ses conséquences à l'échelon mondial. A l'analyse pays par pays, il substitue une étude thématique de l'évolution de l'Amérique latine en tant que bloc homogène. Nature exacte des mouvements politiques et sociaux, contexte mondial, migration, armée, environnement... Il s'agit ici d'un véritable tour d'horizon des grands enjeux liés à l'avenir du continent. Côté européen, Jean-Paul Marthoz revient brièvement sur les liens entre les deux continents, jadis si fructueux et maintenant ouvertement qualifiés de "décevants". Cet ouvrage collectif constitue à n'en pas douter un bon outil de compréhension de "l'actuel bouillonnement latino-américain".

(TBa)

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