Strasbourg, 28/09/2007 (Agence Europe) - Les députés européens ont appelé, jeudi 27 septembre à Strasbourg, le Conseil de l'UE à présenter une résolution sur un moratoire contre la peine de mort à l'occasion de la 62ème Assemblée générale de l'ONU, afin que celle-ci soit adoptée d'ici la fin de l'année. Ce vote s'inscrit dans la logique du débat qui s'est déroulé en plénière mardi 25 septembre (EUROPE n° 9509). Dans une résolution adoptée par 504 voix pour, 45 contre et 14 abstentions, le Parlement réitère son plein soutien à l'établissement d'une journée européenne de lutte contre la peine de mort, le 10 octobre, et appelle le futur gouvernement polonais, qui sortira des urnes le 21 octobre prochain, à supporter pleinement cette initiative. Le 18 septembre à Bruxelles, le gouvernement polonais avait bloqué une décision des 27 ministres de la Justice de l'UE, appelés à se prononcer à l'unanimité sur cette question.
Le Comité des ministres du Conseil de l'Europe, qui compte 47 Etats membres dont la Russie, a décidé mercredi 26 septembre de proclamer une « Journée européenne contre la peine de mort », qui se tiendra le 10 octobre de chaque année. A cette occasion, le Comité des ministres a exprimé l'espoir que l'UE se joigne dès que possible à cette initiative. Les représentants des Etats membres ont donc choisi de passer outre les réticences des autorités polonaises. « Comme il est d'usage au Conseil de l'Europe, on a cherché très longtemps le consensus », a indiqué à EUROPE un diplomate. Mais il a finalement fallu passer par un vote et « 46 Etats membres ont voté pour, la Pologne s'étant absentée », a-t-il ajouté. A noter que le Portugal, pays qui assume actuellement la présidence de l'UE, sera associé à l'organisation de cette journée. Le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Terry Davis, s'est félicité de cette décision, estimant que cette journée « sera l'occasion d'engager un débat avec ceux qui, au sein de nos 47 Etats membres, continuent de soutenir la peine capitale » et d'expliquer « pourquoi elle a été abolie et doit continuer à le rester ». (bc/oj)