Bruxelles, 10/09/2007 (Agence Europe) - Ce week-end à Viana do Castelo, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont réaffirmé leur engagement à rester unit quelle que soit l'évolution sur le futur statut du Kosovo et à jouer un rôle prépondérant au sein de la troïka du groupe de contact dans la recherche d'une solution négociée d'ici le 10 décembre. « La volonté de l'Union est de rester unie. Aujourd'hui, demain et après-demain », a martelé le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, à l'issue de la réunion informelle à laquelle a aussi participé Wolfgang Ischinger, le représentant de l'UE au sein du groupe de contact. Le Kosovo est « une question européenne » sur laquelle l'Union joue sa crédibilité, a dit M. Solana. « Nous parlons aujourd'hui d'une seule voix », s'est aussi félicité le commissaire Olli Rehn. Le ministre portugais des Affaires étrangères et actuel président du Conseil, Luis Amado, s'est montré un peu plus prudent: « Nous ferons tout pour maintenir cette unité », mais dans une Union avec 27 pays membres et différentes perceptions, « je n'ai pas de garanties » (que cela sera possible jusqu'au bout. A ce stade, tous reconnaissent que « l'unité de l'UE est un facteur de stabilité indispensable dans ce dossier complexe ».
Après l'expérience traumatisante de la guerre de l'Irak, l'Union veut à tout prix éviter de nouvelles divisions entre Etats membres au moment où Serbes et Kosovars albanais viennent d'entamer une dernière tentative de parvenir à une solution négociée. Et encore moins au cas où après le 10 décembre, date limite fixée par les deux parties pour les pourparlers, les Kosovars déclareraient unilatéralement leur indépendance. A ce moment-là se poserait aussi pour les Etats membres de l'UE la question de la reconnaissance internationale du Kosovo - un sujet sur lequel les avis divergent entre les capitales. Le Royaume-Uni et d'autre pays pourraient être tentés de suivre une probable reconnaissance du Kosovo indépendant par les Etats-Unis, tandis que d'autres pays membres (Espagne, Grèce, Slovaquie, Hongrie, Roumanie) sont très clairement contre un tel scénario car ils craignent qu'il puisse servir de précédent pour d'autres groupes minorités, y compris dans leurs propres pays. D'autres pays, comme l'Allemagne, mettent en garde contre l'impact qu'une reconnaissance de l'indépendance du Kosovo aurait sur les relations avec la Russie, farouchement opposée à cette option. « Je ne pense pas qu'on puisse avoir la moindre crédibilité en matière de politique étrangère si cela (des divisions au sein de l'UE) se produit », a affirmé Luis Amado devant la presse. « Le Kosovo est un test pour la politique étrangère commune de l'Union », estime aussi Olli Rehn.
A ce stade, l'UE ne sait pas encore comment elle réagira aux différentes options qui pourraient se présenter après le 10 décembre, mais la préparation d'une réponse commune des Vingt-sept aux différents scénarios potentiels constituera la « priorité des priorités » de la Présidence portugaise pendant les semaines à venir, notamment au cours du mois de novembre quand la situation devrait devenir plus claire, a expliqué
M. Amado. D'ici l'échéance cruciale du 10 décembre, l'UE veut et doit jouer un rôle actif et constructif dans la troïka qui parraine les pourparlers entre Belgrade et Pristina. « Mon impression c'est que la troïka est bien partie » pour arriver à une solution négociée, a estimé M. Solana. « En tout cas, elle a le soutien total et unanime de l'Union européenne » pour y arriver, a souligné le Haut représentant qui a précisé que le scénario d'une partition du Kosovo n'a été soulevé « par personne » à Viana do Costela. L'UE fait tout ce qu'elle peut, mais la balle est dans le camp de Belgrade et de Pristina: « C'est à eux de saisir cette dernière chance » jusqu'au 10 décembre, a insisté M. Rehn. (hb)