Bruxelles, 10/09/2007 (Agence Europe) - Dans un communiqué daté 7 septembre, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC selon l'acronyme anglais) a confirmé le premier foyer européen de la fièvre chikungunya dans la région italienne d'Emilie-Romagne. Un phénomène qui vient aussi confirmer la prévision des scientifiques concernant l'impact du changement climatique sur la prévalence des maladies infectieuses ayant un moustique pour vecteur.
Selon les données enregistrées le 5 septembre, 197 cas de fièvre chikungunya ont été rapportés dans la province de Ravennes au nord-est de l'Italie. 166 cas ont été confirmés ou sont considérés comme répondant à la définition de cette pathologie due à un arbovirus (alphavirus) de la famille des Togaviridae, isolé pour la première fois en Tanzanie et Ouganda en 1953. Le réservoir est un moustique, Aedes Albopictus. Les autorités italiennes ont mis en place à partir du 29 août un système de surveillance et des mesures de contrôle incluant la dispersion d'insecticide dans les villages concernés, notamment Castiglione di Ravenna et Castiglione di Cervia. A l'issue d'une incubation de un à douze jours, les patients affectés présentent de la fièvre, des douleurs notamment musculaires et des problèmes hémorragiques, comme des saignements de nez. Des complications (syndrome respiratoire, décompensation cardiovasculaire, méningo-encéphalites) ont été observés dans le département français d'outre-mer de La Réunion en 2005/2006. Le décès d'une personne âgée est à déplorer en Italie.
L'ECDC rappelle les recommandations d'usage à l'attention des personnes se rendant dans les régions de transmission du chikungunya: - utilisation de moustiquaires, de répulsifs, d'insecticides, port de vêtements longs durant les périodes de forte activité des moustiques ; - les produits répulsifs doivent contenir 30% de DEET ; - les femmes enceintes, les personnes souffrant d'une insuffisance immunitaire ou d'une maladie chronique doivent consulter leur médecin avant un départ. Les personnes qui, après un séjour datant de moins de douze jours, présentent les symptômes cliniques décrits plus haut sont invitées à consulter et à appliquer les mesures préventives afin d'éviter l'apparition de nouveaux foyer d'infection. (oj)