Bruxelles, 10/09/2007 (Agence Europe) - Les six coordinateurs européens (voir EUROPE n° 8996), dont la mission est de faciliter la mise en œuvre de certains projets prioritaires du réseau transeuropéen de transport (RTE-T), ont remis, lundi 10 septembre, au vice-président de la Commission en charge des transports, Jacques Barrot, leur second rapport annuel d'activité.
Pour la liaison ferroviaire Berlin-Verona/Milan-Bologne-Naples-Messina-Palermo (projet prioritaire nr 1), le coordinateur responsable, Karel Van Miert, estime que la possibilité de financement communautaire serait décisive, notamment pour le lancement de la construction du tunnel de Brenner reliant Berlin et Palermo. D'après lui, le lancement du projet pilote dès 2007 aurait permis d'achever les travaux en 2020. Or, le mémorandum d'entente signé la 10 juillet dernier par les ministres des transports allemand, Wolfgang Tiefensee et italien, Antonio di Pietro, prévoit la fin des travaux seulement en 2022. Selon M. Van Miert, « le plus haut niveau de co-financement devrait être poursuivi ». En ce qui concerne la connexion ferroviaire à grande vitesse du sud-ouest de l'Europe (projet prioritaire nr 3), qui doit assurer la connexion entre la péninsule ibérique (Portugal et Espagne) et le reste de l'Europe, le coordinateur Etienne Davignon constate de grandes différences dans les procédures nationales. Celles-ci, d'après M. Davignon, « se répercutent sur le calendrier » des travaux, dont la rapidité d'exécution n'est que très rarement identique. Pour résoudre ce problème, le coordinateur propose de « séquencer » la réalisation de l'infrastructure en fonction de son utilisation et d'envisager une planification plus intégrée (à la place de la planification nationale actuelle).
Pour la connexion Lyon - Turin -Milan - Trieste - Ljubljana - Budapest (projet prioritaire nr 6), la conclusion est similaire. Concernant le calendrier et les garanties de financement du tunnel de base Lyon - Turin, du côté français ainsi que du tronçon transfrontalier Trieste - Divaca, le résultat est décrit comme « très positif », en revanche, la partie italienne du tunnel de base laisse beaucoup à désirer. Et le rapporteur, Laurenz Jan Brinkhorst, de constater que l'observatoire intergouvernemental, mis en place en 2006 pour faciliter le dialogue entre les habitants de la vallée de Suse hostiles à la construction du tunnel et le gouvernement (EUROPE n° 9470), n'aura complété son analyse qu'au début 2008 au plus tôt. Dans ce contexte, il faudra, d'après le rapport, veiller à garantir la cohérence de la réalisation de l'ensemble de la section Lyon-Turin, en tenant compte des surcoûts entraînés par le retard. Des incertitudes subsistent également sur le calendrier de réalisation des sections Treviglio-Padoue et sur les sections slovènes, notamment à l'est de Divaèa pour lesquelles la question du financement est aussi problématique. Concernant les systèmes de gestion de trafic ferroviaire (ERTMS) sur les six corridors européens de transport de fret, les progrès notés depuis la parution du dernier rapport en 2006 ont été assez considérables, avec notamment l'ouverture en juin dernier du tunnel ferroviaire du Lötschberg et de la ligne de Betuwe (EUROPE n° 9447). Les objectifs pour les années à venir seront de doubler le volume de transport de marchandises d'ici 2020 sur la ligne Rotterdam - Gênes et de réduire le temps de voyage de 20%. Sur la ligne Anvers - Lyon, il s'agira d'accroître le volume de marchandises transportées de 55% avant la même date et de diminuer le nombre des trains en retard, ce qui permettrait, selon le coordinateur, Karel Vinck, de transférer 7 milliards de tonnes/km de la route vers le rail. Tout aussi positif a été l'avancement de la mise en place de la ligne Paris - Strasbourg - Stuttgart - Vienne - Bratislava (projet nr 17). Une ligne de grande vitesse a été inaugurée le 15 mars dernier (EUROPE n° 9378), suivie par la mise en service, dès le 10 juin dernier, du TGV Est européen reliant Paris à Strasbourg. La ligne pourrait être terminée au cours de l'année 2015.
Pour le « rail Baltica » qui doit relier Varsovie à Kaunas, Riga, Tallinn et Helsinki, le potentiel est énorme et l'intérêt du secteur privé d'opérer sur la ligne est considérable, de sorte que le coordinateur appelle à la mise en place progressive de la ligne, alors que le projet stagne actuellement. Les priorités devraient être focalisées avant tout sur les tronçons transfrontaliers avec l'objectif ultime de disposer d'un réseau ferroviaire consolidé capable d'opérer avec une puissance de 120 km/h en 2013.
En commentant ces rapports, M. Barrot a confirmé la désignation des deux nouveaux coordinateurs, dans les prochains jours. Ils « auront la charge de dynamiser des projets relatifs aux autoroutes de la mer et aux voies navigables », précise le communiqué. D'après nos informations, il s'agirait de la Néerlandaise Karla Peijs, pour les voies navigables et du Portugais Valente de Oliveira, pour les autoroutes de la mer. Les rapports peuvent être consultés sur http: //ec.europa.eu/ten/transport/coordinators/index_fr.htm (aby)