Bruxelles, 10/09/2007 (Agence Europe) - En inaugurant, le 10 septembre à Bruxelles, sa première session thématique, la commission temporaire du Parlement européen a concrétisé sa volonté de se mettre à l'écoute des experts pour alimenter sa contribution à la politique climatique future de l'UE, et peser sur les prochaines négociations internationales sur l'après-Kyoto dans le cadre des Nations Unies (Bali 3-14 décembre). C'est ainsi que son président, Guido Sacconi (PSE, Italien), a présenté à la presse l'enjeu de cette session avant que ne débute les débats sur le thème « L'impact climatique selon différents scénarios de réchauffement » (EUROPE n° 9497).
« Notre commission temporaire a été créée à la fin mai pour définir le profil de notre programme de travail. Le mandat décidé en session plénière était générique. Nous avons décidé de procéder par sessions thématiques. Il y en aura six jusqu'en mars prochain. C'est alors que nous discuterons du rapport que commence à rédiger notre rapporteur Karl-Heinz Florenz (PPE-DE, Allemand). Aujourd'hui, c'est en quelque sorte notre première sortie officielle », a déclaré Guido Sacconi. « Faire le point sur les impacts climatiques, selon que l'on agit peu, mal ou beaucoup », c'est le travail que s'est assigné la commission temporaire. « A partir de là, les politiques devront décider de ce qu'il reste à faire pour lutter plus intensément, de manière efficace contre un phénomène qui n'est plus contesté », a ajouté le président. La prochaine session, qui se tiendra le 4 octobre, sera consacrée au cadre international pour la lutte contre le changement climatique après 2012. Pour Karl-Heinz Florenz, les questions à se poser sont les suivantes: que faire, comment agir, comment s'adapter au changement climatique, comment réduire les émissions de gaz à effet de serre, comment investir dans les nouvelles technologies ? Et en faisant venir « des experts de grande réputation en Allemagne », comme le professeur Hans Joachim Schellnhuber directeur du Potsdam Institute for Climate Impact Research, et conseiller auprès du gouvernement fédéral, la commission temporaire s'offre « un véritable terreau dans lequel puiser ».
Principal orateur de la session thématique, M Schellnhuber (qui avait conseillé la Chancelière Angela Merkel lors du sommet du G8 de Heiligendamm, et s'est prononcé à Washington au Congrès américain devant la commission compétente) s'est réjoui que des signaux outre-Atlantique soient « de nature à changer le débat » et à permettre aux « Etats-Unis de raccrocher le wagon ». Et de formuler l'espoir que la commission temporaire du Parlement devienne permanente et « travaille de concert avec la commission extraordinaire du congrès américain ». M. Florenz a concédé que, pour l'heure, ses tentatives de contact avec les autorités américaines avaient échoué, mais ne s'avoue pas vaincu. Devant la commission temporaire, le professeur allemand a choisi de « parler des conséquences du changement climatique et de ce qu'est un changement climatique dangereux ». Il faut comprendre par là les grands risques dont on ne peut quantifier la probabilité, mais qui, s'ils s'avèrent, auraient un caractère irréversible, comme l'impact de la destruction des forêts amazoniennes sur tout le sous-continent américain, l'impact du dérèglement du système des moussons sur le sous- continent indien, la fonte de la calotte glacière au Groenland et dans l'Antarctique ouest, l'impact de la fonte des glaciers de l'Himalaya qui alimentent tous les grands fleuves d'Asie. Rendant hommage au rôle pionnier de l'UE et à son objectif ambitieux arrêté par le Conseil européen en mars (20% d'énergies renouvelables dans la production énergétique à l'horizon 2020) et saluant l'Allemagne qui vient de se fixer un objectif de réduction de 40% de ses émissions de gaz à effet de serre, le professeur a souligné combien il est nécessaire de convaincre les autres partenaires - pays émergents en tête-, l'Europe ne pouvant, à elle seule, combattre le réchauffement. Son plaidoyer pour l'amélioration de l'efficacité énergétique, le basculement vers les renouvelables, la capture et le stockage du carbone est en parfaite adéquation avec les objectifs de la commission temporaire qui souhaite œuvrer, au sein du Parlement, à une approche intégrée et plus cohérente des solutions au changement climatique, en discutant avec les différentes commissions parlementaires et, en externe, avec d'autres acteurs internationaux. (an)