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Bulletin Quotidien Europe N° 9444
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/omc/doha

Le monde en développement uni à la veille du G-4 à Potsdam

Bruxelles, 12/06/2007 (Agence Europe) - A l'initiative des pays émergents du G-20 emmenés par le Brésil, la Chine et l'Inde, le monde en développement a fait preuve d'unité lundi à Genève où une dizaine de ministres du Commerce du G-20 ont rencontré leurs homologues coordinateurs des autres groupes de pays en développement, celui des pays « amis des produits spéciaux » (G-33) et l'Union africaine, les pays ACP, les pays les moins avancés (PMA) et les économies petites et vulnérables regroupés dans le G-90. L'objectif de la réunion était clair: coordonner les positions du monde en développement à la veille de la rencontre ministérielle des pays du G-4 (Union, Etats-Unis, Brésil et Inde) qui tenteront, du 19 au 22 juin à Potsdam, de trouver le compromis tant attendu sur les modalités de libéralisation des échanges en agriculture et sur les produits manufacturés. « Nous entrons dans une phase critique de la négociation et nous devons aboutir pour corriger les distorsions du commerce les plus graves », a affirmé devant la presse le Brésilien Celso Amorim à l'issue de la réunion. « Mais nous ne sommes pas prêts à sacrifier nos positions fondamentales simplement pour obtenir un résultat rapide », a-t-il ajouté. « Ce moment crucial ne doit pas être manqué pour conclure le round de Doha », a renchéri son homologue indien Kamal Nath. « Nous sommes unis dans notre détermination d'atteindre les objectifs de ce cycle du développement dont le contenu est plus important que le calendrier », a ajouté M. Nath, insistant sur « la chance historique de rectifier les failles du commerce agricole ».

Pour le monde en développement, le dossier agricole est la clé de l'accord, ce que le G-20 n'a pas manqué de rappeler dans sa déclaration conjointe. Appelant les grandes puissances commerciales développées à « faire preuve de flexibilité et de volonté politique », le G-20 exige une réduction substantielle des soutiens internes et l'élimination de toutes les formes de subventions aux exportations dans les pays riches d'ici 2013. Pour les pays émergents, une fourchette basse des soutiens américains à l'agriculture proche des 12 milliards de dollars est « la seule proposition acceptable ». Le G-20 insiste aussi sur un équilibre entre l'agriculture et les réductions des droits de douane dans le domaine industriel (NAMA). Les pays développés souhaitent limiter à 10% pour eux-mêmes et à 15% pour les pays en développement le montant maximum des droits de douane sur les produits industriels, effort que ces derniers jugent disproportionné. Allié à une dizaine de pays émergents dont l'Inde et l'Afrique du Sud, le Brésil a contre-attaqué la semaine dernière en proposant de ramener à 35% le droit de douane maximum autorisé pour les pays en développement.

Devant la presse, l'Indien Kamal Nath s'est par ailleurs félicité de la négociation d'indicateurs pour les produits spéciaux (les produits sensibles pour les pays en développement) et a souhaité que la négociation s'accélère sur ce dossier sensible. Son homologue sud-africain Mandisi Mpahlwa a pour sa part insisté sur les mécanismes de sauvegarde spéciale. Les pays en développement, en particulier les grands pays asiatiques à forte population rurale dépendante de quelques produits de subsistance comme l'Inde et l'Indonésie, chefs de file du G-33, souhaitent pouvoir sélectionner des produits spéciaux qu'ils pourront partiellement ou totalement dispenser de l'ouverture des marchés. Ils souhaitent également bénéficier des mécanismes de sauvegarde spéciale qui leur permettront d'augmenter leurs droits de douane pour se protéger d'afflux brusques d'importations agricoles. « La souplesse, c'est la clé », a insisté l'Indonésienne Mari Pengestu. (eh)

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