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Bulletin Quotidien Europe N° 9444
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/reforme de l'ue

MM. Prodi et Adamkus ne veulent pas d'un Traité au rabais - José Manuel Barroso appelle Londres et Varsovie au compromis

Bruxelles, 12/06/2007 (Agence Europe) - Les rencontres se multiplient entre dirigeants européens pour tenter de décrocher un accord rapide sur le traité européen et convaincre la Pologne de ne pas créer de blocage. Le Président du Conseil italien, Romano Prodi, le Président lituanien Valdas Adamkus et le Premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsany, qui étaient tous trois reçus lundi soir par Angela Merkel, ont conforté la chancelière allemande dans des ambitions qu'ils partagent. Ayant eux-mêmes ratifié le projet de Traité constitutionnel initial, ils veulent croire à un résultat positif, malgré les divergences qui subsistent avec Varsovie et d'autres.

« Nous sommes près de l'objectif de trouver une synthèse commune sur le prochain cadre européen », avait déclaré M. Prodi avant leur réunion. « Il s'agira d'un compromis par le haut et pas au rabais », a-t-il assuré, M. Adamkus lui emboîtant le pas ultérieurement, en constatant: « Nous avons décidé qu'il était extrêmement important de préserver la substance et le contenu du Traité constitutionnel ». Selon lui, « la Constitution ne doit pas devenir simplement une série de points techniques car le terme 'Constitution' suppose une vision du futur de l'Europe ».

Dans la dernière ligne droite avant le Sommet des 21 et 22 juin, lors duquel la chancelière allemande souhaite parvenir à un accord sur les grandes lignes du futur texte et sur un calendrier aussi court que possible, les regards se tournent notamment vers Varsovie, qui souhaite temporiser. En visite en Autriche, le Premier ministre polonais Jaroslaw Kaczynski a précisé lundi qu'il faudrait « environ un an » pour régler au mieux les questions qui lui tiennent à cœur, en particulier la révision du système de vote au Conseil de l'UE. Une position en porte à faux avec la plupart des autres capitales, qui se relaieront pour dissuader la Pologne de recourir à un veto, dont M. Kaczynski a déjà brandi la menace.

« Nous avons le droit de l'utiliser (le veto NDLR) et nous le ferons si nous estimons que c'est dans l'intérêt de notre pays ou dans celui de l'Europe », avait-il indiqué à l'issue de son entretien avec le chancelier autrichien. Dans une interview au quotidien français Le Monde daté du13 juin, le Premier ministre polonais répète sa ligne dure, mais laisse une porte ouverte à la discussion. « Accepter le système de vote prévu par le traité constitutionnel actuel, et donc être relégué à la pire situation de toute l'UE, serait une capitulation », a-t-il déclaré, en précisant: « Nous sommes capables de faire des compromis… il y a une différence entre disposé au compromis et tout accepter ». Mais il estime que le système de prise de décision proposé par la Pologne est « déjà un compromis, puisqu'il est moins bon que celui qui fonctionne aujourd'hui » (les dispositions du traité de Nice, NDLR). Après Prodi la semaine dernière, le Président français Nicolas Sarkozy (jeudi) et le Premier ministre espagnol, José Luis Zapatero, devraient notamment plaider pour plus de souplesse de Varsovie, tout comme Mme Merkel, qui rencontrera samedi un des frères Kaczynski.

Mardi la Commission a réagi en réitérant l'appel de son Président, José Manuel Barroso, en faveur d'une solution urgente, qui soit mise en œuvre au printemps 2009. « On dispose d'une fenêtre d'opportunité », c'est maintenant qu'il faut agir et obtenir de « solides résultats » au Conseil européen et « des progrès très rapides sous Présidence portugaise », a déclaré à la presse un porte-parole. Si l'on souhaite un accord au Sommet, le texte ne devrait pas inclure les symboles de l'UE comme un drapeau ou un hymne européens, a constaté M. Barroso dans un entretien au International Herald Tribune du 12 juin. L'impossibilité de mettre en œuvre les réformes institutionnelles serait « une menace sérieuse pour la crédibilité de l'UE », explique-t-il, ajoutant: « Les gens se demandent comment nous pouvons traiter les plus grandes questions - comme le changement climatique - quand vous ne pouvez même pas décider comment travailler ensemble ». Et le Président de la Commission de presser Londres et Varsovie au compromis, tout en reconnaissant que l'octroi de dérogations pourrait être le seul moyen d'obtenir un accord. « En tant que règle, avoir des 'opt-outs' n'est pas bon, mais si c'est la solution, je ne m'y opposerai pas », a-t-il déclaré, à propos notamment des dispositions sur l'extension du vote à la majorité qualifiée dans un domaine comme la coopération policière et judiciaire. A Varsovie, M. Barroso rappelle que « la Pologne a demandé la solidarité du reste de l'UE (quant à l'embargo russe sur sa viande, NDLR) mais la solidarité est à double sens ». (ab)

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