Bruxelles, 29/05/2007 (Agence Europe) - Le Président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre italien Romano Prodi se sont mis d'accord sur des « objectifs communs » à atteindre lors du Conseil européen de juin sur la question du futur traité de l'UE - un traité que même M. Prodi (un fervent défenseur du Traité constitutionnel) n'hésite plus à appeler « traité simplifié ». « Nous allons avoir des objectifs communs pour ce sommet en ce qui concerne la reconnaissance de la personnalité juridique de l'Union, l'unification des règles des trois piliers, la question de la Présidence (stable) et du ministre (européen) des Affaires étrangères de l'Union européenne », a affirmé M. Prodi devant la presse à l'issue d'une entrevue avec M. Sarkozy lundi à Paris. « Nous souhaitons avoir une Union européenne qui ne soit pas paralysée par les droits de veto. Nous ne voulons pas subir le problème de l'unanimité du vote », a-t-il ajouté. Nicolas Sarkozy a confirmé qu'il y a consensus sur ces points: « L'Italie est attachée à une Présidence du Conseil stable, la France aussi. Au ministre des Affaires étrangères, la France aussi. A développer ce que l'on appelle les règles de la majorité pour débloquer la situation sur un certain nombre de sujets, c'est-à-dire que celui qui ne veut pas avancer n'empêche pas les autres de le faire, la France est d'accord. Et sur ce que l'on appelle la personnalité juridique (de l'UE), il y aurait beaucoup d'autres choses à dire, mais on s'est compris ».
Entre-temps, la Pologne a réitéré lundi son opposition à la « double majorité » prévue dans le traité constitutionnel pour les votes à la majorité qualifiée au Conseil des ministres. « Nous aimerions que tous les citoyens aient la même influence sur les décisions européennes. Le système actuel (celui qui est prévu dans le Traité constitutionnel) ne répond pas à cet objectif », a affirmé devant la presse le Premier ministre polonais Jaroslaw Kaczynski. Il a également exprimé ses réserves vis-à-vis d'une Présidence stable de l'UE. « La situation dans laquelle l'UE dispose de plusieurs leaders doit être maintenue », a-t-il estimé.
Lors d'une réunion conjointe lundi à Berlin avec Angela Merkel, les chefs de gouvernement de la Lettonie, de l'Estonie et de l'Autriche ont exprimé leur soutien aux efforts de la Présidence allemande visant à aboutir à un accord sur les principaux éléments du futur traité lors du Conseil européen de juin.
Selon un sondage publié lundi, une majorité des Néerlandais (65%) souhaitent l'organisation d'un référendum sur le futur nouveau traité de l'UE. 57% approuvent les propos tenus la semaine dernière devant le Parlement européen par leur Premier ministre, Jan Peter Balkenende, selon lequel le rôle des parlements nationaux doit être renforcé dans l'élaboration de la législation européenne (voir EUROPE n° 9431). (hb)