Bruxelles/Tripoli/Sofia, 29/05/2007 (Agence Europe) - Un pas vers le règlement de l'affaire des infirmières bulgares et du médecin palestinien emprisonnés en Libye sous l'accusation d'avoir inoculé le sida à des enfants hospitalisés à Benghazi, vient d'être accompli. Un tribunal libyen les a acquittés dimanche de l'accusation de
« calomnies » portées contre l'équipe par des policiers libyens eux-mêmes mis en cause pour tortures. « Au cours d'une audience de moins d'une minute, le président du tribunal correctionnel a annoncé que les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien ont été acquittés et exigé que les officiers plaignants paient les frais judiciaires », rapportent les médias. Cela ne règle cependant pas le cas sur le fond, l'équipe médicale demeure vouée à la peine capitale si son recours était rejeté. Les infirmières et le médecin ont été condamnés à mort en mai 2004. Verdict confirmé en décembre 2006 mais suspendu dans l'attente d'un jugement en appel initialement prévu en mai mais reporté sans qu'aucune nouvelle date soit fixée à l'heure actuelle.
Au-delà, ce qui est à observer est que le rejet de la plainte des policiers paraît témoigner de la volonté politique de régler un problème qui grève la normalisation des relations UE-Libye. Des pourparlers discrets se poursuivent et auraient abouti à la mi-mai à un accord sur l'indemnisation des familles des victimes. La fondation Kadhafi, dirigée par le fils du dirigeant libyen, Seif al-Islam, confirme cette information et fait savoir par un communiqué que les familles des enfants « ont accueilli avec satisfaction les résultats de ces négociations et des lueurs d'espoir pour un règlement très prochain de cette crise sont apparues ». La Fondation « essaie de rapprocher les points de vue entre les représentants des familles libyennes et ceux de la communauté internationale impliqués dans ce dossier", a affirmé un de ses porte-parole. Selon les médias bulgares, citant vendredi le ministre des Affaires étrangères, Ivaïlo Kalfine, un Fonds international, créé en 2005 pour aider les victimes, discutait "actuellement avec les familles" des enfants malades. L'UE aurait versé, selon le ministre, jusqu'ici entre 2 et 2,5 millions d'euros dans ce fonds "pour faciliter le traitement des enfants et pour former des médecins libyens". "Ce n'est pas de l'argent versé pour des compensations", a-t-il souligné. Sofia considère en effet que les infirmières sont innocentes et qu'il n'y a pas lieu de verser des indemnisations. La Bulgarie a en tout cas accueilli avec satisfaction l'acquittement, tout en demandant une issue rapide à l'affaire de leur condamnation à mort pour inoculation du virus du sida. "Nous sommes satisfaits de la décision du tribunal. Toutefois, le procès qui vient d'aboutir n'a pas contribué à la solution de l'affaire principale", a déclaré le porte-parole du ministère bulgare des Affaires étrangères Dimitar Tsantchev. « Il est plus important que les parties intéressées concentrent leurs efforts sur le sort des infirmières bulgares et du médecin palestinien d'une part et des enfants libyens contaminés d'autre part », a-t-il ajouté. (fb)