Bruxelles, 17/04/2007 (Agence Europe) - Le Premier ministre britannique Tony Blair et son homologue néerlandais, Jan Peter Balkenende, ont décidé lundi d'unir leurs forces pour demander l'abandon du projet d'une Constitution pour l'Union européenne et d'œuvrer plutôt pour un Traité « classique », mais modifié et amélioré, qui ne nécessiterait pas d'être soumis aux peuples britannique et néerlandais dans un référendum. « Ce que les Néerlandais et les Britanniques pensent, c'est qu'il est important que nous revenions à l'idée d'un Traité classique qui viserait à permettre à l'Europe de travailler plus efficacement (...), plutôt que de rechercher un traité qui ait les caractéristiques d'une constitution », a déclaré M. Blair lundi devant la presse à l'issue d'une entrevue avec M. Balkenende à Londres. Il y a un « monde de différence » entre un Traité constitutionnel « avec lequel plusieurs pays ont de réelles difficultés » et un simple Traité amendé basé sur les Traités existants visant à améliorer le fonctionnement de l'UE, a expliqué le Premier ministre britannique. Son porte-parole, cité par l'agence Reuters, a ensuite précisé qu'un simple Traité ne nécessiterait pas la tenue d'un référendum au Royaume-Uni, « tout comme, ces 50 dernières années, d'autres traités du type de celui que nous envisageons n'ont pas nécessité un référendum ». Londres avait prévu de soumettre le projet de Constitution au peuple britannique, mais le référendum a finalement été suspendu suite aux « non » en France et aux Pays-Bas.
Jan Peter Balkenende a lui aussi laissé entendre lundi à Londres qu'une simple modification des Traités existants ne nécessiterait pas de nouveau référendum dans son pays. « Si nous n'avions pas (dans le futur Traité) les caractéristiques d'une Constitution, cela aurait aussi un impact sur la question de savoir si l'on doit avoir un référendum ou pas », a-t-il dit. Dans son programme de travail présenté en février, le nouveau gouvernement de M. Balkenende n'a pas pris une position définitive sur la question du référendum, laissant au Conseil d'Etat néerlandais le soin de décider le moment venu si le nouveau Traité devra être soumis au peuple néerlandais ou pas (voir EUROPE n°9361). (hb)