Bruxelles, 17/04/2007 (Agence Europe) - Malgré l'utilité croissante d'Eurojust, l'Office européen de coordination judiciaire, les Etats membres de l'UE hésitent encore à collaborer pleinement avec lui. C'est une partie du constat dressé par le Commissaire européen chargé de la Justice Franco Frattini, et le président d'Eurojust, Michael Kennedy, qui ont célébré mardi le cinquième anniversaire de la création de l'Office dont le siège est basé à La Haye. « Eurojust gagne en force », a déclaré M. Frattini en soulignant que le cap des 1.000 cas portés à l'attention d'Eurojust par les Etats membres serait atteint en 2007. Selon lui, 771 cas ont été transmis en 2006 à l'Office, soit une nouvelle progression de 31% par rapport à 2005. Les membres d'Eurojust - juristes, magistrats, procureurs et juges venant de chaque pays de l'UE - se voient depuis peu épaulés par un représentant américain grâce à un accord conclu fin 2006 avec le FBI. Un accord de coopération avec la Norvège a également été signé et des négociations débuteront bientôt en vue d'aboutir à une coopération avec la Croatie et l'ancienne République yougoslave de Macédoine (Arym). Les priorités des équipes travaillant à Eurojust sont notamment axées sur la coordination en matière de lutte contre le terrorisme, les tueurs en série, la pornographie mettant en scène des enfants, le crime organisé, ou encore les trafics d'êtres humains et de drogue. Le Commissaire a par ailleurs appelé à une meilleure coopération entre Eurojust et l'OLAF, ainsi qu'entre Eurojust et Europol, l'Office européen de police, principalement via les équipes d'investigation conjointe.
« Il faut améliorer la quantité et la qualité des informations qui viennent des Etats membres vers Eurojust », a dit M. Frattini, estimant que la coopération actuelle était loin d'être « entièrement satisfaisante ». Le président d'Eurojust n'a pas démenti les paroles du Commissaire: « On peut faire beaucoup plus », a-t-il ajouté en critiquant, sans les nommer, les Etats membres qui restent réticents à soumettre des cas à Eurojust par peur de voir leurs informations confidentielles échouer dans trop de mains jugées peu sûres. Il s'agit souvent d'une pratique des grands pays de l'UE.
Afin de faire évoluer cette situation, M. Frattini s'est engagé à présenter à l'automne une communication qui portera sur le futur d'Eurojust et du Réseau judiciaire européen. Concernant l'avenir d'Eurojust, il a spécifié qu'il avait l'intention d'en revoir la base juridique de manière à harmoniser les compétences et les pouvoirs des représentants des Etats membres. Il a enfin annoncé qu'il avait l'intention de lancer, sous la prochaine Présidence, les discussions à propos de la stratégie à long terme d'Eurojust, y compris la création d'un parquet européen, une idée qui jusqu'à présent a été refusée par de nombreux Etats membres. (bc)