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Bulletin Quotidien Europe N° 9355
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/eurogroupe

Vers des prévisions de croissance supérieures aux attentes pour 2007 - préoccupation pour la volatilité des changes

Bruxelles, 30/01/2007 (Agence Europe) - La réunion de l'Eurogroupe de lundi soir a fait la part belle aux débats sur les taux de change, en particulier celui de la monnaie japonaise dont la baisse par rapport à l'euro inquiète les ministres des Finances de la zone euro. Avant la réunion du G7 Finances des 9 et 10 février à Essen en Allemagne, « nous en restons au constat qu'une volatilité excessive des taux de change n'est pas propice à la croissance », a souligné le Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois, Jean-Claude Juncker. Les perspectives de croissance pour la zone euro s'annoncent plus souriantes pour la zone euro cette année, après des résultats également meilleurs que prévu en 2006.

Nous avons intensément discuté de la question des changes, a reconnu le Président de l'Eurogroupe, pour qui « intensément veut dire longuement et longuement veut dire que nous avons analysé tous les aspects gravitant autour de la question des taux de change et notamment entre l'euro et le yen ». Et de « redire ici avec plus d'intensité peut-être qu'auparavant que nous estimons que la reprise conjoncturelle qui affecte le Japon doit se retrouver dans le taux de change du yen ». Un message identique à celui délivré à Singapour en septembre 2006, mais un peu plus appuyé et qui reflète les préoccupations des Européens concernant la sous évaluation du yen et la supposée influence de la sphère politique sur la Banque centrale japonaise. Egalement inquiet de cette volatilité, M. Almunia est resté prudent, expliquant que « les taux de change doivent refléter les données économiques fondamentales ».

Au plan économique, la situation actuelle reste « très positive » et « la croissance économique de la zone euro l'année dernière a été au moins aussi forte que nous l'avions prévu, à 2,6%, et peut être mieux », s'est aussi félicité le Commissaire aux Affaires économiques et monétaires. Pour 2007 aussi, « la croissance devrait être meilleure que ce que nous pensions en novembre dernier », a-t-il ajouté, alors que les risques semblent pour l'instant maîtrisés. Le ralentissement de l'économie américaine reste conforme à « un scénario d'atterrissage en douceur » et les prix du pétrole « ont baissé d'un tiers depuis août dernier », a précisé le Commissaire. La Commission, qui anticipe à ce stade une augmentation du PIB de 2,1% pour les treize Etats membres de la zone euro l'année prochaine, pourrait revoir ce chiffre à la hausse lors de la publication de ses prévisions intérimaires du 16 février. Les prix pétroliers restent toutefois « très volatils, irrationnels parfois, de sorte qu'on ne peut être sûr que les prix seront autour de ces niveaux pour le reste de l'année », a mis en garde M. Juncker. Plus généralement, flexibilité, mobilité et ajustement des salaires en fonction de la productivité sont nécessaires pour accroître la compétitivité de la zone euro. « Nous n'observons toujours pas d'effet de second tour en ce qui concerne les salaires, mais les augmentations de salaire demeurent une de nos préoccupations », a-t-il aussi analysé.

La clôture de la procédure pour déficit excessif contre la France (voir autre nouvelle) et « bientôt contre l'Allemagne » est importante pour deux raisons, a ensuite souligné M. Almunia: cela signifie que les deux principales économies de la zone euro appliquent la discipline budgétaire du Pacte de stabilité et de croissance (PSC), et c'est « un pas en avant vers l'utilisation des cycles expansifs de l'économie pour avancer vers une durabilité à moyen terme des finances publiques ». Pour le ministre des Finances français, Thierry Breton, « il est important pour la crédibilité de la France, en tant que membre important de l'Eurogroupe, de montrer l'exemple ». Les performances budgétaires de la France sont en progrès et nous nous attendons à « une baisse du déficit à 2% en 2008 », a apprécié M. Juncker, alors que M. Almunia se félicitait de l'initiative de Thierry Breton, qui lui avait réaffirmé plus tôt l'engagement de la France à « préserver la discipline budgétaire ». Un signal apprécié en période électorale, a reconnu M. Almunia, pour qui il est « important de connaître les engagements des autorités françaises » de poursuivre l'assainissement budgétaire. Selon son programme de stabilité, Paris envisage d'atteindre son objectif à moyen terme et de retrouver l'équilibre en 2010 (le programme prévoit un excédent budgétaire de 0,2% et un retour de la dette sous les 60% du PIB).

En période de bonne croissance et compte tenu des efforts entrepris jusqu'à présent, les Etats membres doivent se concentrer sur leur objectif à moyen terme, avait en effet insisté la Commission après l'évaluation d'une première série de programmes de stabilité ou de convergence (EUROPE n° 9350). Dès lors, le programme de travail de l'Eurogroupe pour les six prochains mois au plan budgétaire portera avant tout sur la « coordination des politiques budgétaires et un examen des progrès en vue d'atteindre les objectifs à moyen terme aussi vite que possible », a indiqué M. Juncker. « L'idée étant de définir des politiques budgétaires appropriées pour l'ensemble de la zone euro », les objectifs budgétaires à moyen terme joueront donc « un rôle central ». (ab)

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