Bruxelles, 16/01/2007 (Agence Europe) - L'ouverture, lundi soir, de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg a été marquée par l'accueil chaleureux que les députés européens ont réservé à leurs 53 nouveaux collègues de Bulgarie (18) et de Roumanie (35) ainsi que par les félicitations et remerciements exprimés par la quasi-totalité des députés envers leur Président sortant, Josep Borrell. Après avoir salué chacun des nouveaux députés par une poignée de main, M. Borrell a planté, sous les applaudissements et en présence des présidents des Parlements bulgare et roumain, les drapeaux bulgare et roumain à côté des 25 autres dans l'hémicycle européen. « C'est avec joie et émotion » que nous accueillons les nouveaux députés, a-t-il ensuite déclaré, soulignant que le Parlement était maintenant composé de 785 députés européens, venant de 27 pays membres, et représentant 177 partis politiques européens. Les députés roumains et bulgares qui siègent actuellement ont été nommés par leurs Parlements nationaux, mais dans quelques mois se tiendront dans les deux pays des élections, qui permettront aux citoyens de désigner eux-mêmes, directement, leurs représentants, a rappelé M.Borrell. « Lors de mes récentes visites en Roumanie et Bulgarie (31 décembre/1 janvier 2007), j'ai pu mesurer à quel point l'enthousiasme européen des concitoyens est grand. Cela est réconfortant dans une période où l'euroscepticisme marque des points », a souligné M.Borrell. Le Président sortant a également souligné, outre l'apport historique et culturel des nouveaux pays, l'intérêt pour l'UE de disposer d'une nouvelle frontière maritime « dont chacun connaît l'importance stratégique » notamment dans le contexte énergétique actuel. De plus, a ajouté M.Borrell, « l'UE, avec ses nouvelles frontières avec les Balkans occidentaux, l'Ukraine, la Moldavie et la Turquie, pourra enrichir sa politique de voisinage » en bénéficiant de l'expérience de la Roumanie et de la Bulgarie.
Dernier discours du Président Borrell: « Le PE est aujourd'hui plus connu et reconnu qu'auparavant»
M. Borrell a ensuite prononcé un dernier discours en tant que Président, dans lequel il a passé en revue les travaux parlementaires accomplis lors de ces dernières deux années et demie. Il s'est d'abord dit convaincu que « le Parlement est aujourd'hui plus connu et reconnu dans l'exercice de ses fonctions » qu'auparavant. Selon lui, le Parlement a su relever le défi de l'élargissement et a adopté avec succès un statut commun des députés. Sur le plan législatif, M. Borrell a cité le rejet de la directive « brevetabilité des inventions par ordinateur » et l'adoption de la directive sur les services, ainsi que du règlement REACH sur les produits chimiques. Il a souligné que, sans une coopération étroite avec le Parlement, un accord sur la rétention de données n'aurait pu être atteint. Les députés ont toujours, selon M.Borrell, « approuvé à une grande majorité le traité constitutionnel », et ils devront donc être également « étroitement impliqués dans la recherche d'une solution » à la « crise » à laquelle est confrontée l'UE. Abordant le thème de l'énergie, Josep Borrell s'est dit persuadé que « c'est autour du couple indissociable "énergie/environnement" que l'UE peut trouver une raison d'être ». M. Borrell a également rappelé le rôle du Parlement sur la scène internationale, notamment par l'envoi de missions d'observation électorale dans 26 pays, dont l'Ukraine, la Palestine, l'Afghanistan, le Congo et le Vénézuéla. Les droits de l'homme sont également un des éléments centraux de l'identité du Parlement européen, en particulier grâce à l'attribution, chaque année, du Prix Sakharov pour la liberté de l'esprit.
Il a conclu son intervention en déclarant que ce fut un grand honneur de présider le Parlement européen, et en présentant ses vœux de succès à son successeur. (hb)