Bruxelles, 16/01/2007 (Agence Europe) - Le transport routier étant à l'origine de plus d'un cinquième de l'ensemble des émissions de CO2 dans l'Union, dont plus de la moitié proviennent des voitures particulières, Stavros Dimas serait favorable à imposer une contrainte carbone sur les constructeurs automobiles, ceux-ci ne devant pas être en mesure, selon les chiffres de 2005, d'arriver à l'objectif qu'ils se sont engagés à atteindre, par le biais d'accords volontaires, d'ici 2008/2009. Dans le cadre d'une stratégie révisée que la Commission doit adopter le 24 janvier prochain, le Commissaire à l'Environnement devrait donc défendre l'option visant à mettre en place une législation contraignante pour pousser les constructeurs à abaisser la moyenne des émissions de CO2 des véhicules neufs à 120 grammes par kilomètre d'ici à 2012.
La stratégie actuelle de réduction des émissions de CO2 des voitures particulières repose sur trois piliers. Le premier consiste en un engagement volontaire des industries automobiles européenne, japonaise et sud-coréenne d'abaisser à 140 grammes par kilomètre d'ici 2008/2009 le volume moyen d'émissions provenant de leurs nouveaux véhicules, soit une diminution de près de 25% par rapport aux niveaux de 1995. Selon les chiffres de 2005, la moyenne européenne se situe aujourd'hui entre 160 et 170 grammes par kilomètre, soit une réduction de 12,4% seulement. Les indications, à l'attention des consommateurs, sur la consommation de carburant et des émissions de CO2 des véhicules ainsi que les mesures fiscales destinées à encourager le consommateur à acheter des véhicules économes en carburant constituent les deuxième et troisième piliers.
Devant l'échec des constructeurs automobiles à respecter l'objectif fixé, M. Dimas veut opter pour la manière forte au nom de la lutte contre le changement climatique. Tout en donnant son point de vue sur d'autres options, il devrait, selon une source proche du dossier, plaider pour une législation contraignante imposant une norme de 120 grammes de CO2 par kilomètre en 2012. Avant d'être adoptée par la Commission, la stratégie révisée du Commissaire à l'Environnement sera examinée par ses pairs. Les discussions devraient aller bon train entre ceux qui, comme le Commissaire à l'Industrie Günter Verheugen, s'inquiètent de la compétitivité de l'industrie automobile européenne, et ceux qui souhaitent des mesures fortes pour réduire la dépendance de l'Union aux hydrocarbures. Plutôt qu'une nouvelle législation contraignante qui mettrait la pression sur les constructeurs de voitures et pourrait se traduire par une augmentation des prix dangereuse pour l'industrie automobile, M. Verheugen préfère une approche intégrée conformément aux conclusions du groupe de travail CARS 21 (EUROPE n° 9087): sans mesurer uniquement les rejets de CO2 des véhicules à la sortie du pot d'échappement, il s'agirait d'inclure d'autres paramètres comme le style de conduite des automobilistes, la pression des pneus, la proportion de biocarburants utilisés et les efforts des pouvoirs publics pour résorber les bouchons sur les infrastructures. (eh)